Gibert, une grande chaîne de librairies parisienne, traverse actuellement une période difficile alors qu’elle est engagée dans une procédure de redressement judiciaire et dans un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE) pour ses magasins parisiens. Une trentaine d’emplois sont menacés à Paris, sur un total de 84 suppressions prévues au sein du groupe qui emploie 500 salariés. La fermeture des librairies Gibert situées quai Saint-Michel, à Barbès et à l’angle Printemps Nation a particulièrement retenu l’attention de Nicolas Bonnet Oulaldj, adjoint au maire de Paris chargé de l’emploi et de l’inclusion sociale. Bonnet Oulaldj, qui a précédemment occupé les fonctions d’adjoint au maire chargé du commerce sous la précédente mandature, a souligné que Gibert a été le moteur économique du quartier Saint-Germain, et que sa disparition pourrait avoir des conséquences significatives sur le boulevard Saint-Michel. Bonnet Oulaldj a rappelé que les magasins Gibert, accessibles via le RER B et proposant une politique tarifaire abordable, ont été une destination prisée par des générations de lecteurs, notamment les jeunes. L’adjoint au maire a également fait observer que le quartier Saint-Germain a déjà perdu 15 % de ses commerces et a insisté sur l’importance de protéger ces enseignes dans le Plan Local d’Urbanisme Bioclimatique (PLU) de Paris, approuvé par le Conseil de Paris en novembre 2024. Il a par ailleurs souligné que la fermeture de Gibert Barbès est particulièrement dommageable, ce magasin étant situé dans l’un des quartiers les plus défavorisés de la capitale. Le Conseil de Paris a adopté une motion visant à soutenir les librairies indépendantes et à protéger les commerces culturels locaux. Cette initiative inclut l’élaboration d’une stratégie parisienne pour soutenir les librairies, en collaboration avec Paris Commerces et les propriétaires immobiliers de la ville, autour de loyers encadrés, d’outils de protection contractuels et des modalités d’un futur fonds d’aide parisien dédié aux librairies. Un observatoire des librairies parisiennes serait également mis en place pour suivre l’évolution du secteur. Bonnet Oulaldj a également plaidé en faveur d’un encadrement plus strict des loyers commerciaux, avec une priorité accordée aux commerces culturels, et considère cette mesure comme une proposition centrale pour les candidats de gauche en vue des prochaines élections présidentielles et législatives. Des propositions similaires ont déjà émergé au Parlement, avec des projets de loi et un rapport publiés récemment. Sur le plan de l’emploi, Bonnet Oulaldj défend l’obtention d’une transparence totale sur la situation économique des entreprises au profit des salariés, dont le droit d’alerte doit être renforcé. Au niveau parisien, il compte travailler sur cette question, illustrée par les difficultés de Gibert, mais aussi du BHV. « Les salariés ne peuvent pas être des variables d’ajustement », a-t-il affirmé. La réponse reçue à une lettre envoyée à la direction du groupe avant l’été avait conduit Bonnet Oulaldj à anticiper un manque de transparence quant aux orientations du groupe, aux questions logistiques, à l’image des magasins ou encore à leur relance. Dans une autre actualité, la procédure de redressement judiciaire engagée pour l’entreprise Eilean Books devrait aboutir à une reprise, avec quatre candidats se présentant pour le rachat, dont Hachette Livre, Média Participations et Editis. D’autres événements marquants dans l’édition et le monde du livre incluent le lancement de la collection Livres auprès de 7 000 salariés du groupe de télécommunications Orange et du spécialiste du livre d’occasion Ammareal, la nomination de Marie Cobessi à la direction générale de la Société Française du Livre (SFL), ainsi que l’acquisition des éditions Le Passage par le groupe Glénat. Aux États-Unis, les revenus de l’édition ont connu une croissance significative, avec des recettes nettes déclarées par les éditeurs participant au StatShot de l’Association of American Publishers atteignant 1 milliard de dollars en juillet 2026, soit une hausse de 14 % en un an. Les livres grand public tirent cette croissance, soutenus par les formats poche et l’audio numérique, tandis que les e-books sont en déclin. Au Brésil, la bataille autour des remises est passée des discours aux commandes, WMF Martins Fontes ayant annoncé son intention de retirer ses livres de la plateforme Amazon dans les mois à venir. Au Japon, le ministère de l’Économie (METI) s’est fixé un objectif de 1 000 milliards de yens de ventes internationales de mangas d’ici 2033, contre 300 milliards en 2024. Au Royaume-Uni, le marché du livre imprimé a déjà dépassé le milliard de livres sterling dès le 15 août, avec un chiffre d’affaires de 1,003 milliard £ enregistré par NielsenIQ BookScan, soit une progression de 2,3 % en un an. Au Québec, les ventes de fiction dans les librairies indépendantes, observées par Gaspard, ont atteint 14,5 fois le niveau d’un mercredi de référence en 2026. D’autres événements notables incluent le décès de plusieurs auteurs et illustrateurs de renom, tels que Janine Boissard, Peter May et Joshua Cassara, ainsi que le lancement de nouveaux ouvrages et projets, comme Japan by Sea de Dominique Dufour et Drooms de Rupert Wach.