Les pharmaciens rencontrent les éditeurs de logiciels

Des représentants de l'Union régionale des professionnels de santé (URPS) Pharmaciens de Provence-Alpes-Côte d'Azur ont rencontré mardi 6 octobre, à Aix-en-Provence, des éditeurs de logiciels de gestion d'officine. La réunion réunissait plusieurs entreprises ainsi que la Fédération des éditeurs de l'informatisation des professionnels de santé ambulatoires et paramédicaux (Feima).

Les pharmaciens décrivent l'évolution de leur métier

Les pharmaciens ont insisté sur l'évolution de leur activité, qui couvre désormais la sécurisation, la prévention, l'accompagnement, le suivi, la coordination et l'orientation des patients. Ils ont souligné la nécessité d'une reconnaissance des interventions pharmaceutiques, qu'ils estiment aujourd'hui insuffisamment valorisées.

Les limites des logiciels actuels

Félicia Ferrera, pharmacienne et directrice de l'URPS, a relevé la fragmentation du circuit informatisé, où chaque outil différent représente une rupture, un temps perdu et un risque. Patrick Magnetto, vice-président de l'URPS, a réclamé un point d'entrée unique pour accéder à plusieurs fonctions.

Les pharmaciens réclament des fonctionnalités précises

Les pharmaciens demandent également un double contrôle des ordonnances, des comptes rendus d'entretien structurés, la possibilité de cibler des patients et des rappels de suivi. Ils ont relevé des lacunes des logiciels dans l'utilisation des téléservices, comme Asafo ou la plateforme Adac.

Interrogations sur les dispositions légales

Stéphane Honoré, pharmacien hospitalier et ancien président de la Société française de pharmacie clinique, s'est interrogé sur la prise en compte, par les éditeurs de logiciels, d'une disposition de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoyant la mise en place d'un système d'aide à la dispensation pharmaceutique.

Les éditeurs mettent en avant l'intelligence artificielle

En réponse à ces demandes, des représentants d'éditeurs de LGO ont présenté des solutions centrées sur l'intelligence artificielle. Ainsi, LGPI utilise l'IA pour faire gagner du temps grâce au préremplissage des ordonnances, à la visualisation de l'historique et du profil du patient, ainsi qu'à la suggestion de médicaments génériques en fonction des rotations.

Les contraintes réglementaires pèsent sur les éditeurs

Toutefois, les contraintes réglementaires pèsent sur les éditeurs : Infosoft indique y consacrer 90 % de ses ressources. La Feima plaide pour des compromis réalistes, soulignant la difficulté de « concilier l'inconciliable » dans le développement de logiciels.

Des progrès en matière d'interopérabilité

Selon Grégory Cobena, vice-président de la Feima, les éditeurs ont pris « le virage d'une grande ouverture » en matière d'interopérabilité. Il a noté que les logiciels ont sensiblement amélioré la trésorerie des pharmacies, le taux de rejet des factures atteignant près de 0,7 %.