Un établissement public de santé mentale dans le département de l’Aube a considérablement réduit l’usage des médicaments en modifiant le menu du petit-déjeuner, selon des rapports récents. La Fontaine de l’Orme, à Brienne-le-Château, a introduit des ajustements alimentaires en 2025 qui ont entraîné une baisse notable de la consommation de laxatifs, parmi les médicaments les plus fréquemment utilisés dans le groupe Hôpitaux Champagne Sud. Des résidents comme Line, qui souffre à la fois de handicaps physiques et mentaux, ont indiqué ne plus avoir besoin de traitements par lavements pour des occlusions intestinales, qui étaient auparavant utilisés en dernier recours. Le changement alimentaire a consisté à augmenter les fibres dans les options de petit-déjeuner, comme le pain complet et les céréales riches en fibres. Fabienne Leguay, pharmacienne dans l’établissement, a expliqué que les laxatifs étaient auparavant surutilisés, près d’1 médicament sur 10 étant un laxatif. Cette surutilisation peut entraîner une dépendance où le côlon devient moins actif, ce qui n’est pas idéal à long terme. L’initiative a également eu des bénéfices environnementaux, réduisant l’empreinte carbone liée à la production de médicaments. Les émissions moyennes des principes actifs des médicaments sont estimées à 65 kgCO₂e par kilogramme, soit bien plus que l’intensité carbone du ciment. La réduction de l’usage des laxatifs dans l’établissement a permis d’économiser l’équivalent de près de deux tours de la Terre en voiture en un an. Clarisse Martin, diététicienne dans l’établissement, a indiqué que les changements de menu étaient nécessaires car de nombreux résidents avaient des difficultés à avaler, ce qui entraînait souvent des purées moins riches en fibres. L’établissement s’est concentré sur des options riches en fibres, notamment dans les céréales et le pain, qui sont appréciées des résidents au petit-déjeuner. L’initiative a également permis des économies, avec 2 589 euros économisés la première année. Sandrine Alanièce, responsable hygiène et chargée du développement durable, a souligné l’importance de ces économies pour obtenir le soutien de la direction. Cependant, d’autres établissements, comme un Ehpad voisin de 130 résidents, utilisent encore plus de laxatifs qu’avant la mise en place du protocole, ce qui montre que le changement des pratiques médicamenteuses n’a pas été adopté de manière universelle.