Un implant cérébral a permis à un homme atteint de sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie neurodégénérative progressive entraînant une perte du contrôle musculaire, de retrouver la capacité de parler, d’écrire et d’utiliser un ordinateur de manière autonome. Cette avancée a considérablement amélioré sa qualité de vie. L’implant, posé en 2023, utilise 256 micro-électrodes placées dans la région du cerveau responsable de la parole, reliées à des dispositifs d’enregistrement par des supports fins en titane fixés au crâne. Le système traduit les signaux électriques du cerveau en texte affiché à l’écran à une vitesse moyenne de 56 mots par minute. Cela permet à l’utilisateur d’envoyer des messages, d’écrire des courriels et de poursuivre son engagement en faveur du climat. Un module de synthèse vocale lit également le texte à voix haute, en utilisant une voix reconstruite à partir d’enregistrements effectués avant l’apparition de la maladie. L’implant est utilisé depuis près de 23 mois, durant lesquels l’utilisateur a activé l’appareil 364 jours sur 397 et généré 183 060 phrases. Environ 92 % de ces phrases ont été décodées correctement, au moins en partie. Le système capte également les tentatives de mouvement de la main, permettant à l’utilisateur de contrôler un curseur d’ordinateur et de retrouver l’accès aux outils numériques. Selon Sergey Stavisky, neuroscientifique à l’Université de Californie à Davis, cette étude constitue le jeu de données le plus complet jamais recueilli auprès d’une personne équipée d’un tel implant et documente la plus longue période de communication vocale obtenue dans ces conditions. Le système intègre un mode de confidentialité qui empêche la transmission des données de l’implant vers les chercheurs, une fonction conçue pour servir de modèle aux futurs dispositifs commerciaux. Nicholas Card, ingénieur en neurotechnologie à Davis, a souligné l’importance de cette fonctionnalité pour protéger la vie privée des utilisateurs dès le départ. Le passage de la recherche au développement d’un dispositif médical est désormais en cours, plusieurs entreprises commençant à s’intéresser à cette technologie et à l’adopter.