Les cheptels bovins européens se réduisent, ce qui stimule les échanges d'animaux vivants et redessine les marchés de la viande bovine à travers le continent.
Baisse du cheptel bovin en Europe
Les effectifs bovins européens diminuent, ce qui entraîne une hausse des échanges d'animaux vivants entre pays membres. Cette tendance a réduit l'offre de bovins, ce qui a soutenu les prix de la viande bovine en Europe, mais a aussi accru l'interdépendance entre les marchés, exposant le secteur à différents risques.La France perd un nombre important de bovins
Au cours des dix dernières années, la France a perdu 16 % de son cheptel reproducteur, avec une baisse notable à la fois des vaches laitières et des bovins allaitants. Entre 2015 et 2025, le pays a perdu 813 000 veaux de boucherie et 555 000 veaux laitiers, ce qui réduit le volume disponible à l'exportation.Les échanges d'animaux vivants progressent malgré la baisse du cheptel
Les échanges d'animaux vivants ont augmenté de 8 % au cours de la dernière décennie, alors même que le cheptel bovin français se réduit. Les acheteurs traditionnels se tournent désormais vers d'autres marchés : l'Irlande accroît ses exportations vers l'Italie, l'Espagne et la Grèce, tandis que la Pologne se concentre sur l'engraissement d'animaux originaires des pays baltes.L'industrie de l'engraissement fait face à des pénuries
L'industrie de l'engraissement peine à trouver suffisamment de jeunes bovins, et aucune solution complète n'a encore été trouvée. L'Espagne et la Roumanie développent également des échanges avec des pays tiers, mais cela n'a pas entièrement résolu le problème de l'approvisionnement.Évolution des prix et défis du marché
Le prix des jeunes bovins français a fortement chuté, en partie en raison d'un recul des prix des jeunes bovins italiens. Alessandro De Rocco, président d'Intercarne Italia, estime que sensibiliser les consommateurs à la juste valeur de la viande pourrait aider. Toutefois, le marché espagnol peine à absorber l'ensemble des bovins engraissés, le Maroc étant un client clé.Les risques sanitaires menacent les échanges
Les risques sanitaires constituent une préoccupation majeure pour les échanges d'animaux vivants, notamment après la fermeture du marché algérien en 2023, qui a entraîné une perte de valeur marchande de 30 centimes sur 10 semaines. La crise de la DNC a également affecté les échanges intra-européens, les prix des veaux laitiers ayant chuté de 135 euros par tête en trois semaines.Les règles de transport compliquent les échanges
Les projets de réglementation des transports à Bruxelles pourraient remodeler le secteur. La Grèce, qui importe entre 100 000 et 400 000 bovins destinés à l'engraissement, fait face à des difficultés liées aux règles applicables aux transports longue distance, notamment l'obligation de pauses de 24 heures en Italie, qui peuvent accroître le stress et les risques microbiens pour les animaux.Consommation et importations de viande bovine
La consommation européenne de viande bovine a diminué de 266 000 téc (tonnes équivalent carcasse) en dix ans, tandis que la production a également reculé de 380 000 téc. Les importations en provenance de pays tiers ont augmenté, le Mercosur représentant 62 % des importations de viande bovine de l'Union européenne. Toutefois, la réorganisation des échanges a ses limites : elle redistribue les volumes sans compenser entièrement la baisse des cheptels.