Pour la saison estivale 2026, une compagnie aérienne irlandaise a réservé 26,7 % des sièges au départ du Maroc, contre 31,1 % pour la Royal Air Maroc (RAM). Sur les seules liaisons internationales, le transporteur irlandais devance RAM, qui conserve toutefois une avance significative sur le réseau domestique et s’appuie sur son hub de Casablanca. Pour cette saison, qui s’étend de fin mars à fin octobre dans le calendrier aérien, Ryanair et sa filiale Ryanair UK ont programmé environ 3,8 millions de sièges au départ du Maroc, soit 10,7 % de plus qu’un an plus tôt. Selon les horaires compilés par OAG et analysés en août par Aviation Week, leur part de la capacité totale est passée de 26,2 % à 26,7 %, sur un marché de 14,3 millions de sièges au départ (+8,6 %). RAM reste le premier opérateur du pays avec 31,1 % des parts. Sur les liaisons internationales, l’ordre est inversé : Ryanair concentre 27,9 % des sièges programmés au départ du Royaume, contre 26,2 % pour RAM. Ces données concernent les sièges disponibles pour la saison, et non les passagers effectivement transportés. Elles font nonetheless de la compagnie low-cost irlandaise le premier transporteur international en termes de capacité au départ du Maroc, grâce à ses liaisons vers l’Europe, très prisées par les touristes comme par les Marocains de l’étranger. Rabat, cinquième base de Ryanair au Maroc, a été ouverte par la compagnie, où deux Boeing 737-800 sont stationnés. Début août, elle a présenté son programme pour l’hiver 2026-2027, qui débute fin octobre et constitue le plus important jamais proposé dans le pays : 5,3 millions de sièges, soit 580 000 de plus que l’hiver précédent (+12 %), sur 156 lignes, dont 17 nouvelles. La compagnie desservira 13 aéroports marocains, reliés à 14 pays européens. Parmi les 17 nouvelles lignes, sept partent de Rabat, dont des destinations vers Stockholm et Cracovie. Les dix autres sont réparties à parts égales entre Marrakech – qui sera notamment reliée à Wrocław – et Agadir, d’où s’envoleront de nouvelles liaisons vers Milan, Nuremberg, Bratislava et Gdańsk. Selon Aviation Week, la plupart de ces ouvertures évitent la concurrence directe, et sept d’entre elles créent des liaisons inexistantes jusqu’alors. Ryanair cible toutefois trois marchés déjà disputés : Agadir-Milan Malpensa et Marrakech-Sofia, où elle affrontera Wizz Air, ainsi que Marrakech-Birmingham, opérée par easyJet, présent au Maroc depuis 2006, et Jet2. RAM domine le marché domestique et mise sur Casablanca. L’avance globale de RAM repose sur son réseau intérieur, où elle détient 65,4 % des capacités. Ryanair, qui ne propose des vols domestiques au Maroc que depuis 2024, représente déjà 18,2 % du marché, devant Air Arabia Maroc (11,4 %). La compagnie nationale augmente également son offre. Elle avait annoncé en juillet, pour l’été 2026, près de 8,2 millions de sièges (+23 %) et 86 destinations internationales, dont 44 en Europe et 29 en Afrique. Ces chiffres, communiqués par RAM, ne reposent pas sur les mêmes critères que les données OAG et ne peuvent donc être comparés directement à ceux de Ryanair. Le programme inclut plus de 890 000 sièges sur des lignes point à point, reliant des villes marocaines à l’étranger sans escale via Casablanca (+37 %), et près de 1,2 million sur le réseau domestique (+18 %). RAM s’appuie principalement sur son hub de Casablanca, qui assure des correspondances entre l’Europe, l’Afrique, les Amériques et l’Asie. Ryanair, dont le modèle repose sur les vols directs, n’opère pas dans ce domaine, même si les deux compagnies se concurrencent sur certaines lignes. Le 7 juin 2026, RAM a inauguré une liaison directe entre Casablanca et Los Angeles, la première entre l’Afrique et la côte Pacifique des États-Unis. Les aéroports marocains ont accueilli 36,3 millions de passagers en 2025, soit 11 % de plus qu’en 2024, selon l’Office national des aéroports (ONDA). Casablanca-Mohammed V a dépassé les 11 millions de voyageurs et Marrakech-Ménara a franchi pour la première fois la barre des 10 millions. Rabat-Salé, où Ryanair s’est récemment implantée, a progressé de 26 % pour dépasser les 2 millions. Ryanair capte une part croissante de cette demande : sa capacité au départ du Maroc progresse plus vite que le marché (+10,7 % contre +8,6 %), et son programme hivernal renforce sa présence à Fès, Tétouan, Essaouira, Ouarzazate et Nador. Le Maroc, qui co-organise la Coupe du monde 2030 avec l’Espagne et le Portugal, poursuit de son côté le plan « Aéroports 2030 » pour moderniser ses infrastructures.