La France a réalisé 421 greffes cardiaques en 2025, en légère hausse par rapport à 2024, mais la demande continue de dépasser l'offre à mesure que de nouveaux patients sont inscrits sur la liste d'attente.
Les greffes cardiaques en légère hausse en France
En 2025, 421 transplantations cardiaques ont été réalisées en France, contre 414 en 2024. Il s'agit d'une progression, mais elle reste insuffisante pour répondre à la demande. Durant la même année, 581 nouveaux patients ont été inscrits sur la liste d'attente de greffe cardiaque.La liste d'attente reflète les besoins identifiés
L'Agence de la biomédecine indique que ces nouvelles inscriptions traduisent les besoins identifiés par les équipes de transplantation, même si elles ne reflètent peut-être pas pleinement la demande réelle. En 2024, parmi les 942 candidats à une greffe cardiaque, inscrits sur la liste d'attente ou nouvellement enregistrés, 73 sont décédés ou ont été retirés de la liste en raison d'une aggravation de leur état, qui les rendait incompatibles avec la transplantation.Les greffons cardiaques proviennent de donneurs décédés
En France, les greffons cardiaques proviennent exclusivement de donneurs décédés, dont le décès a été dûment constaté. Deux scénarios principaux sont reconnus : la mort encéphalique, qui demeure la source principale, et le décès après arrêt circulatoire contrôlé, appelé Maastricht III, une pratique plus récente en France.Mort encéphalique et prélèvement d'organes
La mort encéphalique se définit par la destruction complète et irréversible des fonctions cérébrales, confirmée par des examens cliniques et paracliniques. Le prélèvement d'organes doit être réalisé dans des établissements spécifiquement autorisés, avec une stricte séparation des rôles entre les équipes chargées de constater le décès et celles qui effectuent le prélèvement ou la greffe.Consentement et refus de don
En France, le consentement au don d'organes est présumé, sauf refus explicite. Le moyen le plus fiable de formaliser ce refus est l'inscription au Registre national des refus. Le programme Maastricht III, lancé en 2014 et étendu au prélèvement cardiaque par un décret de mars 2026, permet de prélever des cœurs chez des patients pour lesquels a été prise la décision de limiter ou d'arrêter les traitements de maintien en vie.Le processus de prélèvement Maastricht III
Le prélèvement Maastricht III implique deux décisions distinctes : la décision médicale d'arrêter les traitements de maintien en vie, qui doit être prise indépendamment du don d'organes, puis la vérification de la volonté du donneur et l'organisation d'un éventuel prélèvement. Le décès est constaté après cinq minutes d'arrêt circulatoire continu.Techniques de conservation du cœur
Deux stratégies sont utilisées pour conserver le cœur : un prélèvement rapide suivi d'une évaluation sur une machine de perfusion normothermique, ou la restauration d'une circulation limitée au thorax et à l'abdomen. Ces procédures exigent de strictes considérations éthiques, psychologiques et culturelles, notamment pour éviter toute confusion entre les soins de fin de vie et le don d'organes.Améliorer l'utilisation des greffons
Améliorer l'utilisation des cœurs disponibles constitue un autre enjeu majeur. Certains greffons sont actuellement écartés faute de certitude quant à leur qualité ou à leur fonctionnement. Des techniques telles que les machines de perfusion ex situ peuvent aider à préserver les greffons et à permettre des évaluations plus précises.Greffons « limites » ou à critères élargis
L'utilisation de greffons dits « limites » ou « à critères élargis », qui s'écartent des critères habituels de sélection des donneurs, reste un défi, car leur acceptation doit être mise en balance avec le risque de défaillance du greffon. Ces greffons peuvent provenir de donneurs plus âgés ou présentant certaines pathologies.Recherche en xénotransplantation
La xénotransplantation, qui consiste à transplanter des organes d'autres espèces, a fait l'objet d'essais cliniques, deux patients ayant reçu aux États-Unis des cœurs de porc génétiquement modifiés. Si ces cas ont montré un succès temporaire, l'efficacité à long terme n'est pas encore démontrée. La recherche dans ce domaine se poursuit.Greffes partielles du cœur
La greffe partielle du cœur, qui consiste à transplanter les valves et une partie des gros vaisseaux d'un cœur de donneur, a été utilisée chez des enfants afin de permettre la croissance du tissu greffé. Cette approche est limitée à des indications précises, mais elle pourrait améliorer l'utilisation des dons.L'intelligence artificielle dans le don
L'intelligence artificielle est explorée pour son potentiel à aider à identifier les donneurs, à évaluer les risques et à améliorer la planification logistique. Son rôle doit toutefois être soigneusement encadré afin de ne pas se substituer au jugement médical humain.Repérage des donneurs et opposition
Mieux repérer les donneurs au sein des hôpitaux est essentiel. Une organisation efficace doit être mise en place à plusieurs niveaux, hospitalier, territorial et national, afin d'assurer un repérage et un prélèvement efficaces des donneurs. En 2025, le taux national d'opposition au prélèvement a atteint 37,1 %, ce qui souligne la nécessité d'informer le public et d'encourager les discussions au sein des familles au sujet du don.