Les greffes cardiaques en France restent limitées par la pénurie de donneurs

Les greffes cardiaques sauvent des vies de patients atteints d'insuffisance cardiaque terminale, mais le nombre de cœurs de donneurs disponibles reste limité. En 2025, 421 greffes cardiaques ont été réalisées en France, contre 414 en 2024, une légère hausse, mais cela reste loin de répondre à la demande, puisque 581 nouveaux patients ont été inscrits sur la liste d'attente la même année.

Les sources de cœurs de donneurs en France

En France, les cœurs de donneurs proviennent de personnes décédées dont le décès a été dûment constaté. Les deux principaux cas de figure sont la mort encéphalique, qui correspond à la perte définitive de toutes les fonctions du cerveau, et Maastricht III, qui consiste à constater le décès après la décision d'arrêter les traitements de maintien en vie. Maastricht III est une approche relativement récente en France.

Élargir les sources de donneurs grâce à Maastricht III

Depuis 2014, la France dispose d'un programme fondé sur Maastricht III et, en 2026, celui-ci a été étendu au prélèvement de cœurs chez ces donneurs. Cela pourrait élargir le réservoir de donneurs, car certains cœurs jusqu'alors exclus pourraient désormais être utilisables. D'autres pays ont montré que cette méthode peut accroître l'activité de greffe sans compromettre les résultats à court terme, à condition de suivre des protocoles stricts.

L'opposition du public et comment y répondre

En 2025, 37,1 % de la population était opposée au prélèvement de cœurs. Réduire ce taux exige de respecter la volonté du défunt, et pas seulement de convaincre. Les efforts comprennent l'information du public, des programmes scolaires, des discussions en famille et la formation du personnel médical à la communication autour de la mort et du don.

Mieux utiliser les cœurs de donneurs

Mieux identifier les donneurs potentiels, réduire les pertes organisationnelles et évaluer plus précisément les cœurs de donneurs sont des enjeux essentiels. Certains cœurs sont aujourd'hui écartés non pas parce qu'ils sont inutilisables, mais parce que leur qualité est difficile à évaluer. Des techniques comme l'échocardiographie et les machines de perfusion ex situ peuvent aider à mieux évaluer et conserver ces cœurs.

La xénotransplantation, une solution potentielle

La xénotransplantation, qui consiste à utiliser des organes animaux chez l'humain, est à l'étude, les cœurs de porcs génétiquement modifiés se montrant prometteurs. En 2022 et 2023, deux patients du University of Maryland Medical Center ont reçu des cœurs de porc et ont survécu respectivement 60 et 40 jours. Si ces cas restent exceptionnels, ils laissent penser que les cœurs animaux peuvent être viables à court terme.

Greffes cardiaques partielles pour les enfants

Une approche différente, la greffe cardiaque partielle, consiste à ne transplanter que les valves et des parties des gros vaisseaux d'un donneur, en préservant le muscle cardiaque du receveur. Cela permet aux enfants de grandir avec leurs nouveaux tissus, évitant ainsi la nécessité d'interventions chirurgicales répétées. La première greffe de ce type a été réalisée au Duke University Hospital en 2022, et les résultats ont été publiés en 2025.

L'intelligence artificielle dans la greffe cardiaque

L'intelligence artificielle pourrait améliorer les résultats des greffes cardiaques en prédisant les risques pour les patients, en évaluant la compatibilité entre donneur et receveur et en anticipant les complications. Il existe toutefois un risque que l'IA soit utilisée pour écarter des patients ou des cœurs sur la base de données historiques erronées, plutôt que pour appuyer les décisions médicales.

Améliorer l'identification des donneurs à l'hôpital

Les hôpitaux sont une source clé de cœurs de donneurs potentiels, mais tous ne les identifient ni ne les évaluent efficacement. Une approche structurée est nécessaire, avec des équipes dédiées dans chaque hôpital, des équipes d'appui régionales et une supervision nationale, afin d'assurer cohérence et efficacité dans l'identification des donneurs et le prélèvement des cœurs.