La Tokyo Skytree, une structure de 634 mètres de haut, détient le record du monde de la plus haute tour autoportante selon le Livre Guinness des records. Elle a ouvert au public le 22 mai 2012 et a résisté au séisme de mars 2011 sans subir de dommages signalés par le gouvernement japonais. La conception de la tour repose sur un pilier central en béton armé, appelé « shinbashira », qui est découplé de la structure métallique environnante. Ce pilier est relié au cadre jusqu’à 125 mètres de hauteur, et entre 125 et 375 mètres, des amortisseurs à huile sont utilisés pour gérer les mouvements. Selon le gouvernement japonais, le cœur de la tour est un vide de 10 mètres de diamètre qui s’élève jusqu’à environ 475 mètres. Une colonne cylindrique en béton armé, de 8 mètres de diamètre et de 375 mètres de hauteur, a été installée à travers ce vide. L’exploitant de la Skytree qualifie ce système de « mécanisme de masse additionnelle », une technologie moderne de contrôle des vibrations qui réduit la force de cisaillement d’environ 40 % lors d’un séisme majeur. Lorsque la structure métallique se déplace dans une direction, la colonne en béton, plus lourde, réagit avec un léger décalage, atténuant ainsi l’oscillation globale. Les amortisseurs à huile situés entre 125 et 375 mètres absorbent une partie du mouvement relatif entre la colonne et la structure externe. Le nom « shinbashira » est emprunté aux pagodes japonaises à cinq étages, dans lesquelles un poteau central traverse toute la hauteur du bâtiment. L’exploitant précise que ce nom a été choisi par respect pour cette sagesse ancienne, par analogie avec la pagode. L’exploitant ajoute qu’aucun cas d’effondrement de ces pagodes dû à un séisme n’a été enregistré, bien que cette affirmation soit formulée sous sa responsabilité. La cause exacte de cette résistance reste débattue. L’exploitant lui-même écrit que l’on suppose que le secret des pagodes réside dans leur colonne centrale, et il mentionne également plusieurs théories. La Skytree ne copie donc pas une recette éprouvée ; elle traduit une hypothèse séduisante avec les matériaux et les calculs d’aujourd’hui. Le plan structurel global a été conçu par le cabinet Nikken Sekkei. Selon Wikipédia, la tour avait atteint 625 mètres lors du séisme de mars 2011, et sa hauteur finale de 634 mètres a été atteinte le 18 mars 2011. Le gouvernement japonais affirme que la tour n’a subi aucun dommage lors du séisme, et cite parmi les raisons le système de contrôle utilisant une colonne centrale, utilisé pour la première fois. Le choix des mots est important : « parmi les raisons ». La source officielle ne présente pas la colonne comme la seule explication. Il serait donc trompeur d’attribuer la stabilité de la tour uniquement à ce dispositif, d’autant plus que la colonne fonctionne en conjonction avec la structure métallique et les amortisseurs à huile. Un détail utile pour les visiteurs : cette architecture est invisible depuis les plateformes d’observation, car la colonne est logée dans le vide central. Ce qui est visible, c’est une silhouette métallique.