Un magnat malgache est poursuivi pour avoir prétendument aidé l'Iran à contourner les sanctions américaines en faisant transférer des avions Boeing, le reliant à un réseau mondial de contournement des sanctions.
Un homme d'affaires malgache devant la justice à Madagascar
Un homme d'affaires malgache, Mamy Ravatomanga, doit comparaître devant le tribunal d'Antananarivo à partir du 27 octobre, accusé d'avoir contourné des sanctions américaines pour transférer cinq avions Boeing 777 vers l'Iran. Ce procès intervient après que Ravatomanga, un ancien allié de l'ancien président du pays, a été écarté du pouvoir en octobre 2025, à la suite d'un rapprochement de l'armée avec les manifestants.L'empire économique de Ravatomanga et ses démêlés judiciaires
Ravatomanga est le fondateur du groupe Sodiat, un conglomérat aux activités variées : distribution automobile, aviation, sécurité privée, médias, construction, santé, immobilier, hôtellerie, tourisme, golf et filière de la vanille. En 2017, Forbes l'a classé deuxième personne la plus riche de Madagascar. Il fait aujourd'hui l'objet de poursuites engagées par l'unité anticorruption d'Antananarivo pour blanchiment d'argent et trafic d'influence.Le transfert des avions et les sanctions américaines
Selon l'acte d'accusation, Ravatomanga a facilité le transfert des cinq Boeing 777, qui étaient initialement immatriculés au nom d'une entreprise basée en Floride, Ion Aviation, et stationnés en Chine. Les appareils ont été immatriculés à Madagascar en 2025, ce qui leur a permis de traverser l'espace aérien international pour rejoindre l'Iran en juillet 2025. Ils sont désormais immatriculés au nom de la compagnie iranienne Mahan Air, selon le registre du site spécialisé Planespotters.Les sanctions visant Mahan Air et ses associés
Deux de ces avions sont directement visés par des sanctions du Trésor américain annoncées en avril. Celles-ci accusent Mahan Air d'avoir participé à l'acquisition et au transport de drones et de systèmes d'armement vers l'Iran et depuis ce pays. Le Trésor américain a également sanctionné Hamid Arabnejad, un ressortissant iranien qui aurait participé à la réunion présumée à l'hôtel Novotel d'Antananarivo, pour avoir supervisé les efforts de Mahan Air visant à contourner les sanctions.Photos et contestations judiciaires
L'acte d'accusation malgache mentionne des photos d'une réunion tenue à l'hôtel Novotel d'Antananarivo, à laquelle Ravatomanga aurait pris part aux côtés de Valéry Ramonjavelo, alors ministre des Transports, de Singh Khushwinder, directeur général de l'aviation civile malgache, et de Hamid Arabnejad. Les avocats de Ravatomanga ont déclaré qu'il n'avait pas été informé de l'existence de cette photographie présumée.Implication du FBI et risque de fuite
Le FBI américain, qui a interrogé plusieurs personnes poursuivies, n'a pas commenté l'origine de la photo mentionnée par la justice malgache. Au total, 28 personnes sont poursuivies, dont tous les participants présumés à la réunion du Novotel. Ravatomanga ne comparaîtra pas sur le banc des accusés, car il reste détenu à Maurice. Ses demandes de mise en liberté sous caution ont été rejetées en raison du risque de fuite. Un enquêteur mauricien a évoqué la crainte qu'il ne s'enfuie, comme Carlos Ghosn, l'ancien dirigeant de Renault-Nissan, dont la fuite vers la Turquie avait été facilitée par un jet exploité par une filiale du groupe Sodiat de Ravatomanga.