Mamy Ravatomanga, homme d'affaires malgache, reste en détention après le rejet répété de sa demande de liberté sous caution, par crainte de fuite et d'entrave à la justice.
Demande de liberté sous caution à nouveau rejetée
Mamy Ravatomanga, homme d'affaires malgache, s'est vu refuser pour la deuxième fois une demande de mise en liberté sous caution par le tribunal de la mise en liberté sous caution et de la détention provisoire de Port-Louis, lundi 12 octobre 2026. Le tribunal a invoqué le risque de fuite de sa part et le risque qu'il entrave une importante enquête financière.Détention prolongée critiquée
Les avocats de Ravatomanga ont critiqué la détention prolongée sans procès et ont annoncé un nouveau recours devant la Cour suprême. Ils affirment que la détention est devenue punitive plutôt qu'une mesure destinée à garantir la justice.Arrestation et accusations
Ravatomanga a été arrêté le 24 octobre 2025 pour soupçons de blanchiment d'argent et de trafic d'influence liés à des flux financiers entre Madagascar et Maurice. Cet homme d'affaires influent entretient des liens avec l'ancien président Andry Rajoelina.Périmètre de l'enquête
La Financial Crimes Commission (FCC) de Maurice enquête sur environ 7,3 milliards de roupies mauriciennes, soit environ 137 millions d'euros, détenus sur des comptes et dans des sociétés liés à Ravatomanga. L'enquête porte sur plusieurs affaires économiques à Madagascar, notamment les exportations de litchis, les importations de blé et le projet d'autoroute Samcrete.Préoccupations judiciaires
La FCC soutient qu'une remise en liberté de Ravatomanga pourrait compromettre des enquêtes internationales en cours. Le tribunal s'inquiète du risque de fuite, de pressions sur des témoins et d'une possible altération de preuves. L'avocat de la FCC a souligné que ces inquiétudes sont réelles et non hypothétiques.Décision de la Cour suprême
La Cour suprême avait précédemment rejeté un recours contestant sa détention, estimant que la magistrate avait exercé correctement son pouvoir d'appréciation. La cour a relevé les avoirs de Ravatomanga à l'étranger ainsi que le risque de pressions sur des témoins et de manipulation de preuves.Rencontre et défense juridique
Une rencontre entre Ravatomanga et l'ancien commissaire de la FCC Junaid Fakim, à Quatre-Bornes, est au cœur de l'accusation d'accord délictuel. Ravatomanga reconnaît cette rencontre mais nie avoir eu l'intention d'influencer une enquête. Ses avocats affirment que la détention est injustifiée et qu'elle ne repose sur aucun fondement factuel.Santé et préoccupations juridiques
Les avocats de Ravatomanga mettent en avant ses graves problèmes de santé, notamment une maladie cardiaque nécessitant deux stents, un diabète et une hypertension. Ils affirment que le système pénitentiaire ne peut pas répondre de manière adéquate à ses besoins médicaux. Ils s'interrogent également sur le risque de disparition de preuves, notant que de nombreux documents ont déjà été saisis.Contexte politique
L'affaire est liée au bouleversement politique survenu à Madagascar en octobre 2025, lorsque le régime de l'ancien président Andry Rajoelina est tombé. L'équipe juridique de Ravatomanga soutient que le changement de régime a influencé l'ouverture de l'enquête. Elle insiste sur la nécessité d'une justice indépendante.Prochaines étapes
Les avocats de Ravatomanga prévoient un nouveau recours devant la Cour suprême, pouvant aboutir à une saisine du Comité judiciaire du Conseil privé à Londres. Sa prochaine audience est fixée au 3 novembre. Il demeure présumé innocent, les accusations portées contre lui restant provisoires.