Booking.com et Airbnb risquent des amendes pour des taxes de séjour impayées en France, alors que les batailles judiciaires et les réformes fiscales s'intensifient.
Booking.com condamné pour impôts impayés
Booking.com a été condamné à payer des amendes liées à des taxes de séjour impayées dans la métropole de Nancy, ce qui s'inscrit dans une série de revers judiciaires pour l'entreprise. Cette condamnation fait suite à une amende de 574 000 euros versée à la collectivité d'Oléron en 2023 pour des problèmes similaires.Les difficultés d'Airbnb en matière de collecte de la taxe
Airbnb fait également l'objet d'un examen minutieux concernant la gestion de la taxe de séjour. En 2019, l'entreprise a par erreur collecté la taxe sur des enfants, qui en sont normalement exonérés, à cause d'une erreur informatique. Plus récemment, en juillet 2026, Airbnb a modifié son mode de paiement, réduisant les montants reversés aux collectivités locales et augmentant temporairement sa propre trésorerie.La réforme de la taxe de séjour par le gouvernement français
Le gouvernement français prépare une réforme de la taxe de séjour, qui ne fait pas l'unanimité. Les collectivités locales et les professionnels s'opposent à la centralisation de la collecte par la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), à la fin de l'affectation des fonds au secteur touristique et à la mise en place d'un taux proportionnel.Un nouveau système de collecte
Un dispositif expérimental appelé FARITAS (Faciliter la collecte de la taxe de séjour) a été mis en place. Il permet aux plateformes de transmettre une seule déclaration par semestre aux services fiscaux, couvrant l'ensemble du territoire national. L'objectif est d'éviter la multiplication de formulaires non harmonisés pour chaque collectivité.Débat sur la responsabilité fiscale
Un débat existe sur la question de savoir si la responsabilité de la collecte de la taxe devrait revenir aux hôtes, comme c'était le cas avant 2019. De nouveaux outils d'enregistrement des locations de courte durée non professionnelles, prévus par la loi Le Meur et par le règlement européen, pourraient rendre cette tâche plus gérable. Toutefois, la charge reviendrait alors aux collectivités locales, qui avaient délégué cette mission faute de moyens.Les obstacles au contrôle de la taxe
La question de la « phobie administrative » est mise en avant, avec des inquiétudes quant au fait que le système actuel permet une application inégale des règles de collecte de la taxe. La résolution de ces problèmes passerait, selon les observateurs, par une action législative et une coopération à l'ensemble de la chaîne.