La croissance de 6,5 % de la RDC tirée par le cuivre et le cobalt, mais la part du secteur manufacturier dans le PIB est tombée à 9,8 % en 2025, soulignant la nécessité d'une diversification industrielle.
La croissance économique de la RDC portée par les minerais
La République démocratique du Congo (RDC) a enregistré un taux de croissance économique d'environ 6,5 % en 2024, largement alimenté par sa production et ses exportations de cuivre et de cobalt, selon la Banque mondiale. Ces minerais sont essentiels à la fabrication de l'électronique et des véhicules électriques, mais l'économie de la RDC reste fortement dépendante de leur extraction.Le rôle en recul de l'industrie manufacturière dans l'économie congolaise
La contribution du secteur manufacturier au PIB de la RDC est passée de 13,9 % en 2017 à 9,8 % en 2025, selon la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique (CEA). Ce recul s'est produit malgré une croissance économique moyenne de 7,2 % entre 2021 et 2025, l'une des plus élevées d'Afrique centrale.Un rapport qui met en lumière les progrès et les difficultés
Les données sur les tendances économiques de la RDC figurent dans un rapport préparé pour la 42e session du Comité intergouvernemental de hauts fonctionnaires et d'experts (CIE) pour l'Afrique centrale, qui doit se tenir à Yaoundé, au Cameroun, en octobre 2026. Le rapport évalue les progrès de la diversification économique depuis l'adoption du Consensus de Douala en 2017, un accord régional visant à promouvoir le développement économique.Baisse de la valeur ajoutée manufacturière par habitant
Selon les données de l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), la valeur ajoutée par habitant dans le secteur manufacturier est passée de 66 à 57 dollars entre 2017 et 2025, en dollars constants de 2020, soit une baisse d'environ 14 %. Ce recul indique un affaiblissement de l'impact économique du secteur sur le citoyen moyen.La croissance minière réduit le poids de l'industrie dans le PIB
Jean-Luc Mastaki, directeur du Bureau sous-régional pour l'Afrique centrale de la CEA, a fait remarquer que la hausse des exportations minières, en particulier de cuivre, a réduit le poids relatif de l'industrie manufacturière dans le PIB de la RDC. Cela se produit lorsque les industries extractives croissent plus vite que l'industrie manufacturière, même si la production totale de cette dernière augmente.La RDC exporte des minerais bruts, ce qui limite la création de valeur
Les entreprises congolaises continuent d'exporter des concentrés miniers bruts plutôt que de les transformer davantage, ce qui limite la création de valeur supplémentaire. Bien que le pays dispose de capacités métallurgiques importantes, notamment pour le cuivre et le cobalt, il ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour transformer ces minerais en produits à plus forte valeur ajoutée.La part de l'industrie congolaise en retrait par rapport à ses voisins régionaux
Si le secteur manufacturier de la RDC contribue davantage au PIB que ceux de l'Angola et du Gabon, sa croissance est plus lente que celle de ces pays. En 2025, l'industrie manufacturière représentait 22,5 % et 24 % du PIB de la Malaisie et de la Thaïlande, respectivement, selon les données de l'ONUDI, ce qui met en évidence le fossé entre la RDC et des économies plus industrialisées.Les obstacles à l'industrialisation de la RDC
La CEA identifie plusieurs obstacles à l'industrialisation de la RDC, notamment le manque d'énergie, des infrastructures logistiques insuffisantes, des difficultés de financement, le manque de main-d'œuvre qualifiée et des défis liés à l'environnement des affaires. Ces facteurs freinent le développement de l'industrie manufacturière et des secteurs connexes.Les zones économiques spéciales, des solutions potentielles
La CEA estime que les zones économiques spéciales (ZES) pourraient contribuer à résoudre certains de ces problèmes en attirant des investissements et en favorisant le développement industriel local. La ZES de Musompo, dans la province du Lualaba, s'inscrit dans une initiative régionale avec la Zambie visant à construire une chaîne de valeur pour les batteries électriques.Une étude met en lumière les faiblesses de la stratégie industrielle de la RDC
Une étude de 2026 de l'Institut international du développement durable (IISD) et du Forum intergouvernemental sur les mines, les minéraux, les métaux et le développement durable (FIM) a conclu que la richesse minière de la RDC ne garantit pas à elle seule la compétitivité industrielle. L'approvisionnement en énergie et l'accès au financement ont été identifiés comme des faiblesses majeures dans les plans industriels du pays.La RDC face au défi de transformer la croissance minière en développement industriel
À mi-parcours de la Décennie de la diversification économique (2021-2030), la RDC doit relever le défi de transformer sa croissance tirée par les mines en activités manufacturières durables, créatrices de valeur et d'emplois. Cela nécessitera une planification stratégique, des investissements et des réformes politiques pour soutenir le développement industriel.