Une carte marine utilisée par les pêcheurs danois présente des marquages rouges indiquant les zones au large de l’île de Bornholm où la pêche au chalut est déconseillée. Ces zones contiennent une grande quantité d’armes chimiques datant de la Seconde Guerre mondiale, immergées sous l’administration militaire soviétique entre 1947 et 1948. Les munitions reposent à des profondeurs comprises entre 70 et 100 mètres et incluent une variété d’agents de guerre chimique. Les estimations de la quantité totale de munitions varient : certaines sources évoquent environ 34 000 tonnes d’armes contenant 12 000 tonnes d’agents chimiques, tandis que d’autres, dont la Commission d’Helsinki (HELCOM), avancent des chiffres plus élevés, soit environ 40 000 tonnes de munitions et 13 000 tonnes d’agents. Les chiffres exacts restent incertains en raison du secret entourant les opérations d’immersion à l’époque.
Ce secret a été prolongé en 1997, lorsque les ministères de la Défense du Royaume-Uni et des États-Unis ont ajouté 20 années supplémentaires à la période de confidentialité de ces opérations, retardant ainsi la publication de cartes détaillées des zones immergées. Le gaz moutarde, l’un des agents de guerre chimique les plus répandus dans la région, ne se dissout pas dans l’eau froide et peut former des masses épaisses et collantes, restant dangereuses pendant des décennies. Entre 1994 et 2012, près de 4 tonnes de blocs de gaz moutarde ont été accidentellement remontés par des engins de pêche au large de Bornholm. La plupart ont été rejetés en mer par les autorités danoises, tandis que 196 tonnes de poissons contaminés par des particules de gaz moutarde ont été retirés du marché et détruits durant la même période.
Les autorités danoises enregistrent des incidents de pêcheurs remontant des munitions chimiques depuis de nombreuses années, la Commission d’Helsinki (HELCOM) tenant à jour un registre annuel de ces événements. Cependant, une baisse des incidents signalés ne signifie pas nécessairement que le risque a diminué. Cela pourrait être influencé par des changements dans les populations de poissons, une réduction du temps de pêche, l’évolution des technologies de pêche ou des lacunes dans les rapports nationaux. La marine danoise documente systématiquement les cas de remontée accidentelle d’armes chimiques depuis plus d’une décennie, évaluant l’état des munitions et identifiant les zones à haut risque.
Des projets de recherche comme CHEMSEA (Chemical Munitions Search & Assessment), menés entre 2011 et 2013, ont étudié la dégradation des armes chimiques dans la mer Baltique, notamment dans les bassins de Bornholm, de Gotland et de Gdańsk. Un consensus scientifique suggère que les principaux sites d’immersion sont bien connus et que le risque pour les zones côtières lié aux agents de guerre chimique est considéré comme faible. En effet, les conditions hydrodynamiques de la région rendent peu probable une large dispersion des toxines. Cependant, certaines munitions ont été jetées par-dessus bord pendant leur transport, parfois dans des caisses en bois qui ont dérivé au-delà des zones d’immersion prévues, ce qui explique pourquoi certaines zones de pêche marquées sur les cartes s’étendent au-delà des limites initiales de 1947.
Des armes chimiques immergées en mer Baltique refont surface alors que la pêche se poursuit
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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