Google a commencé à indemniser les éditeurs de sites web pour le contenu utilisé dans ses AI Overviews, ces résumés qui s’affichent en haut des résultats de recherche. Ces synthèses sont générées à partir du contenu de divers sites. Si cette compensation peut sembler avantageuse, elle soulève des inquiétudes : elle risque en effet de réduire le trafic vers les sites originaux. Lorsque les utilisateurs se contentent des résumés générés par l’IA au lieu de consulter directement les sites, ces derniers perdent des revenus publicitaires, une source de financement majeure pour de nombreux éditeurs.
Fin 2025, la Commission européenne a lancé une enquête contre Google, l’accusant d’influencer de manière déloyale la concurrence en imposant des conditions restrictives aux éditeurs et aux créateurs de contenu. Cela désavantage en particulier les petits développeurs d’IA. Sous la pression réglementaire, Google a introduit cet été une fonctionnalité permettant aux éditeurs de bloquer l’utilisation de leurs articles pour entraîner ses modèles d’IA. Cependant, cette option n’empêche pas l’indexation de ces articles dans les résultats de recherche classiques.
La création des AI Overviews repose sur le contenu des sites web, et Google continue de dépendre de ces sources. Selon le site The Information, l’entreprise a lancé un programme pilote rémunérant environ 100 éditeurs pour leurs contributions. Les montants versés varient en fonction de l’apport de leur contenu aux réponses générées par l’IA dans les résultats de recherche, ainsi que dans le mode IA et le chatbot Gemini. Certains éditeurs ont touché entre 50 000 et 60 000 dollars depuis leur adhésion, tandis que d’autres ont perçu plus d’un million de dollars par an. Ces sommes restent très variables selon la taille de l’équipe éditoriale et la portée du site.
Pour les petits sites, les paiements de Google représentent moins de 0,1 % de leurs revenus publicitaires, toujours selon The Information. Ce montant dérisoire a découragé certains grands éditeurs de participer, espérant ainsi inciter Google à mieux valoriser le contenu utilisé pour l’entraînement de ses IA. D’autres éditeurs adoptent une approche plus pragmatique, cherchant à comprendre quels types de contenus Google privilégie pour optimiser leurs articles et en tirer des revenus potentiels. Les critères exacts de rémunération restent flous, Google gardant confidentiels les rouages internes de son système d’IA. Les contenus sur des sujets de niche, comme l’animation ou les jeux vidéo, semblent générer davantage de revenus, même s’ils ne sont pas grand public.
Les participants espèrent que ce programme servira d’exemple à d’autres entreprises d’IA, qui se fondent souvent sur une interprétation large du « usage légitime » pour exploiter du matériel protégé par des droits d’auteur. Pour que cela se concrétise, Google devra officialiser cette initiative et convaincre davantage d’éditeurs de s’y joindre.
Les AI Overviews de Google et la rémunération des créateurs de contenu
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
googleai-overviewscopyrightad-revenueregulationcontent-creators
Sources d'origine :
- 🇫🇷Next



