À Tamási, petite ville du comté de Tolna en Hongrie, un habitant a découvert quinze livres en hébreu dans un grenier, accompagnés de noms et de sceaux manuscrits pouvant aider à retracer leur origine et, peut-être, à les restituer à leurs descendants. László Borbély, un entrepreneur de 55 ans, a trouvé ces ouvrages dans une vieille valise en cuir en nettoyant le grenier. Les livres, décrits comme des Bibles et des livres de prières, ont été remis à la Max Nordau Magyar–Izraeli Baráti Társaság, une association d’amitié hungaro-israélienne basée à Bonyhád, qui tente désormais d’en retracer l’origine et de retrouver les descendants des anciens propriétaires. Selon les médias locaux TEOL, le grenier contenait deux valises. L’une abritait les quinze livres en hébreu, et l’autre renfermait des documents familiaux laissés par les anciens occupants de la maison, certains datant du XIXe siècle. Borbély a retrouvé l’un des membres de la famille ayant occupé les lieux depuis 1951. Leur témoignage suggère que les précédents occupants étaient au courant de l’existence des valises mais avaient interdit à leurs enfants d’y toucher. Cela ne permet pas encore de dater leur arrivée dans le grenier, mais cela apporte un nouvel élément à l’enquête sur leur origine. Tamási abritait autrefois une communauté juive importante, comptant 411 membres en 1900 et 187 en 1941. En 1944, 210 Juifs de Tamási et des environs ont été rassemblés dans le ghetto local, selon les archives administratives hongroises désormais indexées par le Zekelman Holocaust Center. Ces documents attestent de l’inventaire et de la spoliation des biens appartenant aux résidents juifs, incluant des propriétés agricoles, des meubles, du matériel ou des animaux. Ces archives n’établissent pas de lien direct avec les quinze livres découverts en 2026, mais elles éclairent le contexte dans lequel les maisons et les biens ont pu être brutalement séparés de leurs propriétaires lors des ghettos et des déportations de 1944. Une archive du Tolnai Népújság, publiée en juillet 2004 à l’occasion de l’inauguration d’une plaque commémorative, fournit un autre chiffre : 184 résidents juifs de Tamási, répartis en 64 familles, auraient été touchés par les persécutions ; 32 auraient survécu et 152 seraient morts. La synagogue, quant à elle, n’a pas survécu. Construite au XIXe siècle, elle a été démolie en 1951. Un mur de briques subsiste à l’angle des rues Eötvös et Arany János, où une plaque commémorative a été apposée en 2004. Les inscriptions présentes dans les ouvrages prennent désormais une nouvelle importance : sept noms ont déjà été relevés, auxquels s’ajoutent des sceaux et des mentions manuscrites. Les premières pistes mènent vers des familles du comté de Heves, notamment à Eger et Feldebrő. TEOL note la présence de pages brûlées dans certains volumes, ce qui pourrait indiquer que les livres ont été sauvés d’un incendie. Cette hypothèse reste à confirmer en raison de l’absence d’expertise permettant de reconstituer les circonstances de ces dommages. À Bonyhád, cette méthode a déjà permis de rechercher les descendants des anciens propriétaires à partir d’inscriptions préservées dans des livres. En juillet 2026, TEOL a rapporté la restitution d’un livre devenu, pour une famille, un lien matériel avec un ancêtre déporté. Les sept noms déjà relevés dans les volumes de Tamási expliquent l’importance de l’enquête en cours : identifier non seulement l’origine des livres, mais aussi les trajectoires familiales auxquelles ils pourraient encore être rattachés. Borbély explique qu’il s’est inspiré d’une histoire précédente concernant une Bible retrouvée, dont les descendants des propriétaires avaient finalement été identifiés. Il s’est alors tourné vers la Max Nordau Magyar–Izraeli Baráti Társaság, dont la présidente, Hetesi Beáta, s’est rendue à Tamási pour prendre en charge les quinze livres. Le projet est double : rechercher leurs propriétaires originaux ou leurs descendants et, en attendant, les présenter dans une vitrine spécialement achetée à cet effet dans l’ancienne synagogue de Bonyhád. Les recherches se poursuivent. Lieu continue d’accueillir des événements dédiés à la culture et à la mémoire juives : en juin 2026, le Mazsihisz, principale fédération des communautés juives de Hongrie, a organisé avec l’association Max Nordau des rencontres mêlant prières, visites historiques et échanges. « Nous considérons cette tâche comme un devoir sacré, une mitzvah », explique Hetesi Beáta à Szombat. L’association affirme être prête à préserver et présenter les objets et livres juifs qui lui sont confiés, ainsi qu’à rechercher les descendants de leurs anciens propriétaires afin de les leur restituer lorsque cela est possible.