France Agrivoltaïsme alerte : les règles actuelles des appels d'offres favorisent les projets solaires anciens, créant un handicap de compétitivité pour les nouveaux projets agrivoltaïques (loi APER).
Les projets agrivoltaïques font face à des difficultés de concurrence
France Agrivoltaïsme s'inquiète que les appels d'offres actuels en France favorisent les projets photovoltaïques au sol conçus avant la loi APER, ce qui crée un écart de compétitivité pour les projets agrivoltaïques. L'association demande des modifications du cahier des charges des appels d'offres pour remédier à ce problème.La loi APER favorise le développement de l'agrivoltaïsme
Selon Chambres d'agriculture France, la loi APER a établi un cadre clair pour les projets agrivoltaïques, ce qui a conduit à l'engagement de centaines de projets. Toutefois, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a proposé des orientations pour les prochains appels d'offres qui réduisent les niveaux de soutien et placent l'agrivoltaïsme en concurrence sur le seul critère du prix.Les résultats des derniers appels d'offres font apparaître une tendance des prix
La CRE a publié le 9 octobre les résultats du dernier appel d'offres pour le photovoltaïque au sol, soulignant une forte souscription et des prix de l'électricité (prix moyen pondéré de 61,33 €/MWh), en baisse de 23 % par rapport à la période précédente. Sur 731 candidatures déposées, 125 ont été retenues.Les projets agrivoltaïques se heurtent à des obstacles de sélection
Parmi les 249 projets agrivoltaïques, ou installés sur des terrains en friche, éligibles à l'appel d'offres, 156 avaient obtenu leur autorisation avant la loi APER et 93 après. La CRE a retenu 27 candidatures postérieures à la loi APER et 24 candidatures antérieures. Les prix des projets postérieurs à la loi APER observés dans l'appel d'offres sont en moyenne supérieurs de 2,77 €/MWh à la moyenne des candidatures déposées.Les écarts de coûts mettent le problème en lumière
Le surcoût moyen supplémentaire estimé pour les projets postérieurs à la loi APER s'élève à 6 à 10 €/MWh. France Agrivoltaïsme critique cette situation, affirmant que la persistance d'un stock de projets antérieurs à la loi APER, estimé à 3 GW, exclut mécaniquement les projets postérieurs du classement, alors que ce sont eux qui mettent en œuvre le cadre agrivoltaïque désormais souhaité par la loi.La focalisation du gouvernement sur le prix suscite des inquiétudes
L'association estime que le surcoût moyen entre un projet conçu avant la loi et un projet conçu après celle-ci se situe entre 6 et 10 €/MWh. France Agrivoltaïsme a déploré dans un communiqué publié en juillet que le gouvernement « ne retienne que le prix comme critère de sélection dans ses appels d'offres ».Attendre l'épuisement des projets antérieurs à la loi APER n'est pas une solution
L'association affirme que l'attente de l'épuisement naturel du stock de projets antérieurs à la loi APER n'est pas une solution. Alors que le cahier des charges du prochain appel d'offres exclut les projets agrivoltaïques, elle demande que le cahier des charges de l'appel d'offres « super neutre », prévu pour janvier 2027, « organise explicitement la transition vers les projets postérieurs à la loi APER et assure l'émergence effective d'un premier volume de projets répondant au cadre créé par la loi ».Les solutions proposées visent à rétablir des conditions équitables
France Agrivoltaïsme propose deux solutions : plafonner le volume de projets antérieurs à la loi APER sur les terres agricoles, ou accorder un bonus de notation aux projets postérieurs à la loi APER afin de supprimer l'écart de compétitivité. En supposant que la mesure retenue permette d'attribuer 500 MWc à des projets agrivoltaïques postérieurs à la loi APER lors du prochain appel d'offres, son coût s'élèverait à 4 à 5 millions d'euros par an, estime l'association.L'appel d'offres de janvier 2027 offre une occasion de transition
L'association conclut que l'appel d'offres de janvier 2027 offre au gouvernement un moyen simple d'organiser cette transition tout en maîtrisant les coûts et sans compromettre les projets déjà engagés.