En mars 2022, les responsables de la santé publique du Colorado ont commencé à recevoir des rapports sur des dommages hépatiques liés à un remède populaire pour l'insomnie à base de marijuana appelé 1906 Midnight Drops. Ce produit était devenu l'un des articles les plus vendus du marché légal de la cannabis du pays. Cependant, la Division de la réglementation de la marijuana (MED), chargée de réguler l'industrie, n'a émis qu'un avertissement officiel en juin 2023, près de 15 mois plus tard. Ce retard s'est produit après que le fabricant, Sima Sciences, ait arrêté la production en raison de rapports sur « une atteinte hépatique aiguë ». Cette situation a mis en lumière les faiblesses du système de protection des consommateurs dans le premier marché régulé de la marijuana de récréation au pays.
Ces plaintes de santé ont conduit la division à mener une enquête, mais l'agence n'avait pas le pouvoir de retirer le produit des magasins. La MED a mis quatre mois après la première déclaration de dommages hépatiques pour publier un avertissement sur son site web, mais il était étiqueté comme un « avertissement informatif » plutôt qu'un avertissement concernant la santé et la sécurité. L'avis indiquait que les régulateurs n'avaient trouvé aucune violation et que le fabricant avait reformulé le produit, sans aucun problème supplémentaire signalé. Cependant, cette approche n'avait pas clairement alerté le public sur les dangers potentiels.
Jenifer Chatting, une assistante chirurgicale, a commencé à utiliser Midnight Drops le même mois où le département de la santé de l'État avait reçu sa première plainte. Elle a continué à utiliser le produit pendant neuf mois, sans savoir de l'avis de la division d'application de la loi, jusqu'à ce que sa pharmacie cesse de le stocker. Elle a ensuite découvert qu'elle avait des lésions hépatiques et a été informée qu'elle aurait besoin d'une transplantation.
Selon une enquête conjointe du Denver Gazette et de ProPublica, la MED a des pouvoirs limités pour obliger les entreprises à rappeler les produits. Au lieu de cela, elle dépend de la publication d'avis de santé et de sécurité ainsi que de l'envoi de communiqués de presse aux médias locaux. Dans les cas où les organisations de presse ont identifié la date d'une plainte ou le début d'une enquête, il a fallu en moyenne plus de sept mois aux régulateurs pour émettre un avertissement. Ce retard signifie que les produits contaminés restent souvent en vente pendant longtemps sans avertissements publics.
Ces retards sont partiellement dus à l'absence chez le Colorado de mesures adoptées dans d'autres marchés légalisés de la marijuana visant à améliorer les procédures d'analyse et à empêcher les produits contaminés d'atteindre les magasins. Bien que la MED puisse maintenant suspendre des produits en raison de préoccupations de sécurité, le temps nécessaire pour avertir les consommateurs après la première plainte et après la mise sur le marché d'un produit a augmenté. Sima Sciences, fabricant de Midnight Drops, a commencé à recevoir des plaintes peu après le lancement du produit en 2019. L'entreprise a reformulé le produit et ajouté un avertissement sur l'étiquette, mais les régulateurs ont conclu que le nouveau complément alimentaire était principalement composé d'un composé lié aux risques hépatiques.
Le Dr David Cristin, un gastro-entérologue, a signalé à la division d'application de la loi qu'il continuait à constater une augmentation du nombre de patients présentant des enzymes hépatiques élevées, qu'il croyait être causée par Midnight Drops. Il a averti l'agence qu'il avait vu quatre tels patients au cours des deux derniers mois et savait que d'autres médecins traitaient davantage de cas. Il a déclaré que ses patients continuaient à utiliser le produit malgré ses préoccupations. En mai 2024, le Département de la santé publique et de l'environnement du Colorado avait reçu 52 rapports de dommages liés à Midnight Drops, au moins 20 d'entre eux nécessitant une prise en charge médicale. Parmi ces rapports, 25 avaient eu lieu avant la deuxième notification de la MED.
Les Chattings poursuivent la société, qui a dénié leurs allégations. Le procès est en cours. Luke, le mari de Jenifer, critique ce qu'il appelle des avertissements insuffisants concernant Midnight Drops. Il a déclaré que l'État gagne des millions grâce aux taxes sur la marijuana mais ne régule pas efficacement. Le Colorado fonctionne largement sur un code d'honneur, permettant aux fabricants de choisir librement les échantillons et les laboratoires qui effectuent les analyses de contaminants nécessaires avant que les produits ne puissent être vendus. L'État permet également aux fabricants de tester leurs produits moins fréquemment s'ils peuvent démontrer une conformité continue, ce que seules une autre état fait.
Les régulateurs du Colorado ont historiquement dépendu des plaintes pour identifier la marijuana contaminée une fois sur le marché, plutôt que de prélever aléatoirement des échantillons de produits sur les étagères. L'Association des régulateurs de la cannabis recommande le prélevement aléatoire, et d'autres états comme l'Oklahoma ont des programmes de ce type. Le Colorado n'a lancé qu'à l'année dernière un programme pilote pour prélever aléatoirement des produits de dispensaires, mais ce programme a connu des retards, et l'État n'a pas identifié une source de financement à long terme. Une fois qu'un produit contaminé arrive dans les dispensaires, les régulateurs du Colorado rencontrent des difficultés pour le retirer des étagères. Le Colorado s'attend à ce que les fabricants rappellent volontairement les produits, mais les régulateurs ne peuvent forcer les rappels que dans une urgence de santé publique, ce qui peut être difficile à établir rapidement. Même lorsque les tests révèlent des contaminants, les fabricants affirment que la marijuana déjà présente dans les dispensaires reste souvent en vente. Cela s'explique par le fait que le Colorado permet au fabricant de retester la marijuana, et les règles ne précise pas de délai pour l'accomplissement de ces tests.
À l'inverse, le Missouri suspend immédiatement tous les produits de marijuana qui échouent aux tests obligatoires de contaminants. Les fabricants peuvent faire retester les produits, mais les dispensaires ne peuvent pas les vendre jusqu'à ce que le retest prouve que l'analyse initiale était incorrecte. Tess Eidem, professeure de recherche à l'Université du Colorado, a déclaré qu'elle craignait que l'État privilégie la protection de la viabilité financière du marché de la marijuana au détriment de la sécurité des consommateurs. Elle a souligné que la MED n'était pas partie du département de la santé de l'État, mais faisait partie du département des recettes de l'État. Draper a déclaré que « la sécurité des consommateurs a toujours été et reste une priorité absolue pour la Division. »
Barsoom et ses sociétés ont trouvé un accord avec le bureau du procureur général pour résoudre l'enquête de ce dernier. Barsoom et ses sociétés ont dénié avoir violé les lois de protection des consommateurs, mais ont accepté de payer 400 000 dollars d'amendes, et l'accord interdit à ces entreprises de vendre des produits de cannabis au Colorado jusqu'à au moins 2027. Barsoom a également accepté d'émettre une déclaration d'excuse.
La réponse retardée du Colorado face à un produit de marijuana nuisible soulève des inquiétudes sur la sécurité des consommateurs
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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