Dans un champ inondé situé entre Amsterdam et La Haye, l’agriculteur néerlandais Sander Roeleveld fait pousser du riz à l’aide d’une petite moissonneuse-batteuse blanche. Une première pour ce pays, où cette céréale n’a jamais été cultivée auparavant. La région, connue pour ses moulins à vent, ses canaux traversant des polders – des terres basses protégées par des digues – et son élevage laitier, qui constitue depuis longtemps un pilier de l’agriculture néerlandaise, se lance ainsi dans une expérimentation inédite. Ce projet s’inscrit dans une démarche visant à répondre à des enjeux environnementaux, notamment l’affaissement des sols causé par l’assèchement des tourbières, un phénomène qui contribue à l’abaissement progressif de certaines zones des Pays-Bas.
Philippe Terheggen, président de l’association Land van Ons, qui a mis à disposition les terres pour l’essai, explique que la culture du riz aux Pays-Bas était autrefois jugée impossible. Pourtant, grâce au changement climatique, elle pourrait désormais devenir une réalité. L’essai actuel se déroule sur 0,6 hectare, avec pour objectif de produire environ trois tonnes de riz à grain court. L’équipe teste une douzaine de variétés en provenance de Russie, de Chine, du Japon et d’Ouzbékistan, afin d’identifier celles qui s’adaptent le mieux au climat néerlandais. Roeleveld, qui se présente comme un « pionnier », souhaite démontrer que les zones humides peuvent servir à autre chose qu’à la culture de l’herbe. Il reconnaît cependant le défi que représente le passage d’un élevage bovin traditionnel, dominant dans la région depuis six siècles.
À l’origine, l’idée était perçue comme une « sorte d’idée folle » par Julian Helfenstein, chercheur à l’université de Wageningen, qui pilote le projet avec des collègues de l’université de Leyde. Cette initiative combine des efforts d’adaptation au changement climatique et des mesures visant à en réduire l’impact. La culture du riz permet en effet d’envisager des cultures jusqu’alors inédites dans la région, tandis que le maintien en eau des zones humides limite la dégradation des tourbières, qui libéreraient sinon du dioxyde de carbone dans l’atmosphère. Helfenstein souligne que le problème de la dégradation des tourbières ne concerne pas uniquement les Pays-Bas, mais touche également une grande partie de l’Europe du Nord-Ouest, incluant l’Allemagne, la Belgique et les pays baltes. L’équipe surveille de près les émissions de dioxyde de carbone et de méthane émanant des rizières, afin de s’assurer que le projet ne contribue pas à aggraver la situation environnementale. Pour l’heure, les résultats sont encourageants.
Guusje van der Vossen, de l’association Wij Land, qui accompagne les agriculteurs dans leur transition vers des pratiques plus durables, révèle que des restaurants locaux se sont montrés intéressés par le riz cultivé aux Pays-Bas. La variété actuellement récoltée, originaire du nord du Japon, semble la mieux adaptée aux conditions néerlandaises. Van der Vossen, qui a goûté le riz issu d’une récolte expérimentale l’an dernier, le décrit comme savoureux, bien que légèrement caoutchouteux. Elle précise que l’objectif est d’utiliser ce riz pour la préparation de sushis, voire de saké, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l’agriculture et la gastronomie locales.
Les agriculteurs néerlandais expérimentent avec la culture du riz pour lutter contre l'affaissement des sols tourbeux
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
dutch-agricultureclimate-changesustainable-farmingpeat-soilrice-cultivationwetlands



