Les pharmaciens font face à de nouveaux défis avec la substitution par des biosimilaires, qui exige une communication attentive pour répondre aux inquiétudes des patients et garantir un remboursement adéquat.
Les biosimilaires en officine nécessitent une communication attentive
Depuis le 1er septembre, les pharmaciens doivent faire face à de nouveaux défis liés à la substitution des biosimilaires, qui sont des médicaments biologiques reproduisant des médicaments existants. Ces médicaments sont souvent utilisés pour traiter des maladies graves, et leur substitution peut susciter des inquiétudes chez les patients, ce qui exige une communication claire et empathique de la part des pharmaciens.Les pharmaciens devraient éviter de mettre l'accent sur l'aspect financier dans les échanges
Il est conseillé aux pharmaciens de ne pas commencer les discussions sur la substitution par un biosimilaire en évoquant des considérations financières, car cela pourrait créer des tensions. Ils devraient plutôt rassurer le patient sur l'efficacité, la qualité et la sécurité du biosimilaire proposé, en commençant par une phrase telle que : « Je vous propose un biosimilaire pour votre traitement. Il présente le même niveau d'efficacité, de qualité et de sécurité. »Expliquer les conséquences financières sans exercer de pression
Si un patient refuse le biosimilaire, les pharmaciens doivent expliquer clairement les conséquences financières sans donner l'impression d'une sanction. Ils peuvent dire : « Vous restez libre de refuser le biosimilaire. Mais dans ce cas, nous ne pouvons pas appliquer le tiers payant. Vous devrez donc payer directement, puis vous serez remboursé par l'Assurance maladie. »Répondre aux préoccupations des patients sans les minimiser
Si un patient s'emporte et a le sentiment d'être contraint de changer de médicament, les pharmaciens doivent reconnaître son inquiétude sans la nier. Ils peuvent répondre : « Je comprends que cette conséquence financière puisse être perçue comme une contrainte. Le choix vous appartient, mais de mon côté, je n'ai plus le droit d'appliquer le tiers payant dans cette situation. »Préciser que les biosimilaires ne sont pas des copies exactes
Lorsqu'ils expliquent ce que sont les biosimilaires, les pharmaciens doivent éviter de dire qu'il s'agit d'un « médicament exactement identique ». Ils devraient plutôt préciser que les biosimilaires sont très semblables, mais pas identiques, en raison de la nature même de leur production biologique. Ils peuvent dire : « Ce médicament a été comparé à celui que vous prenez habituellement selon des critères stricts. »Répondre aux objections concernant le choix du prescripteur
Si un patient objecte que son médecin a prescrit un médicament précis, les pharmaciens doivent expliquer que les prescripteurs sont tenus d'autoriser la substitution par un biosimilaire, sauf mention explicite contraire de leur part. Ils peuvent dire : « En effet, mais il sait que nous devons proposer un biosimilaire. C'est la règle. »Répondre aux questions sur le coût avec des informations factuelles
Lorsque des patients s'interrogent sur l'efficacité d'un biosimilaire moins cher, les pharmaciens doivent expliquer que les biosimilaires coûtent moins cher parce qu'ils s'appuient sur les données de sécurité et d'efficacité existantes du médicament d'origine. Ils peuvent préciser : « Le médicament est moins cher parce que toutes les études sur la sécurité et l'efficacité de la substance active ont déjà été réalisées. »Gérer les différences de dispositifs d'administration
Si un patient remarque une différence dans le dispositif d'injection, les pharmaciens ne doivent pas minimiser sa remarque. Ils devraient plutôt proposer leur aide, en disant : « En effet, et nous allons voir ensemble comment utiliser ce stylo. » Ils peuvent également envisager de demander aux laboratoires des dispositifs de démonstration.Respecter la stabilité du traitement en cours
Si un patient exprime sa réticence en raison de la stabilité de son traitement actuel, les pharmaciens doivent valider cette inquiétude et poser des questions précises pour cerner le véritable problème. Ils peuvent dire : « Ce traitement vous convient et vous ne souhaitez pas perdre l'équilibre que vous avez trouvé. C'est tout à fait normal. »Gérer les expériences négatives passées avec des biosimilaires
Si un patient a eu une mauvaise expérience avec un biosimilaire, les pharmaciens doivent le reconnaître et proposer d'autres solutions. Ils peuvent expliquer que d'autres marques sont peut-être disponibles et mieux adaptées aux besoins du patient et, si nécessaire, orienter celui-ci vers le prescripteur.Préparer les patients à la substitution à l'avance
Il est conseillé aux pharmaciens d'informer les patients de la possibilité d'une substitution avant qu'ils n'aient besoin de renouveler leur ordonnance. Cela peut aider à éviter des charges financières imprévues et à assurer une transition plus fluide.Liste limitée des biosimilaires pouvant être substitués
Au 19 octobre 2026, la substitution n'est autorisée que pour 12 molécules spécifiques, dont l'adalimumab, l'aflibercept 40 mg/ml et d'autres. Les pharmaciens doivent informer à la fois les patients et les prescripteurs, consigner le médicament délivré et assurer la continuité du traitement avec le même médicament.