Les autorités françaises ont fermé une plateforme de recherche de données et arrêté trois adolescents pour trafic d'informations personnelles volées, révélant une menace cybercriminelle croissante.
Les autorités françaises ferment une plateforme de recherche de données
Les autorités françaises ont fermé une plateforme de recherche de données et interpellé trois adolescents dans le cadre d'une enquête sur le commerce illégal d'informations personnelles. La plateforme, qui affirmait indexer 730 millions d'entrées de données et avait enregistré plus de trois millions de requêtes, a été mise hors ligne le 6 octobre 2026, à la suite d'une demande de la section J3 du parquet de Paris adressée à l'Office anti-cybercriminalité le 15 mai 2026.Les plateformes de recherche donnent accès à des informations personnelles
Ces plateformes, appelées « lookups », permettent aux utilisateurs de rechercher et de croiser des données personnelles issues de cyberattaques. En saisissant des noms et prénoms, les utilisateurs peuvent trouver des informations associées, comme des adresses e-mail, des adresses postales, des dates de naissance, des coordonnées bancaires ou des numéros de sécurité sociale. Le service repose largement sur l'indexation, qui facilite la recherche et le regroupement de données provenant de sources variées.Les sources de données comprennent des bases volées et des fichiers achetés
ZATAZ, un groupe qui alerte sur ces plateformes depuis plus de cinq ans, a constaté que certains services accédaient directement aux données d'organisations. Les fichiers utilisés par ces plateformes sont souvent achetés ou téléchargés sur des forums où sont partagées d'anciennes ou de récentes bases de données. Ces plateformes tirent généralement leurs revenus de la vente d'un accès aux recherches, certaines proposant des abonnements ou des crédits d'utilisation. Les abonnements mensuels de deux autres plateformes variaient entre 10 et 15 euros, et l'un des services permettait même aux utilisateurs de payer 11 euros pour demander la suppression de leurs informations.Certaines plateformes ont accédé à des données sensibles d'organisations
ZATAZ a également découvert des lookups qui accédaient directement à des outils de gestion de la relation client (CRM), utilisés pour stocker et gérer les coordonnées et les informations commerciales. L'un des services observés par ZATAZ s'était connecté, quelques mois avant sa fermeture, à des comptes donnant accès à des ressources du ministère de l'Éducation nationale, de Pôle emploi ou de SFR. L'enquête sur cette plateforme, créée en mars 2026, a débuté à la suite d'un signalement du parquet de Paris à l'OFAC le 15 mai 2026.Les autorités analysent les données et les usages criminels possibles
L'avis de saisie judiciaire indique que les données relatives aux administrateurs, aux clients et aux utilisateurs de la plateforme ont été collectées et sont en cours d'analyse. L'enquête pourrait également chercher à savoir si les recherches effectuées sur la plateforme ont ensuite servi à commettre des infractions physiques, comme des cambriolages. Entre février et octobre 2026, le parquet de Paris a ouvert dix enquêtes pénales visant des plateformes d'agrégation de données. La CNIL, l'autorité française de protection des données, signale également ces plateformes à la justice et met en garde contre leur utilisation, en raison des risques de détournement des données et de l'absence de garanties pour les utilisateurs.