Les pénuries de carburant perturbent les services de télécommunications

Le secteur des télécommunications en République démocratique du Congo fait face à de graves perturbations en raison de problèmes d'approvisionnement en carburant, selon l'Autorité de régulation de la poste et des communications électroniques (ARPCE). Ces perturbations touchent les réseaux à l'échelle nationale, entraînant des coupures partielles ou totales des services vocaux, internet et de monnaie mobile, ainsi que des connexions plus lentes et des appels interrompus.

Les limites du réseau électrique aggravent la crise

Les opérateurs de télécommunications peinent à faire face à la disponibilité limitée du réseau électrique et dépendent fortement de groupes électrogènes de secours. Toutefois, ces groupes ne suffisent pas en raison de la pénurie de gasoil. En moyenne, les coupures d'électricité durent neuf heures par jour, et les batteries de secours n'assurent que six heures d'autonomie, ce qui est souvent insuffisant lorsque les coupures se prolongent plus longtemps que prévu.

Le coût élevé du carburant pèse sur les opérations

Helios Towers, qui exploite 550 antennes relais à travers le pays, a besoin d'environ 100 000 litres de gasoil par semaine pour alimenter ses générateurs. L'Association GSMA (Global System for Mobile Communications) estime que le carburant peut représenter entre 30 et 60 % des dépenses totales des opérateurs dans de nombreux pays africains. Par ailleurs, produire de l'électricité à partir de gasoil coûte trois à quatre fois plus cher que d'utiliser le réseau électrique dans la région.

Les autorités cherchent à améliorer l'approvisionnement en carburant

L'ARPCE a informé la Primature de la situation et collabore avec la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) afin d'optimiser la distribution du carburant. Toutefois, ces efforts ne règlent pas la dépendance fondamentale des infrastructures de télécommunications au gasoil.

Des solutions d'énergie renouvelable sont à l'étude

La GSMA et la Banque mondiale ont suggéré des sources d'énergie renouvelable, telles que les panneaux solaires, les éoliennes et les systèmes hybrides, afin de réduire la dépendance au gasoil des infrastructures de télécommunications. Le guide de la Banque mondiale Télécommunications vertes : politiques et pratiques pour des réseaux plus durables souligne que l'énergie solaire permet de réduire les coûts énergétiques et d'améliorer la fiabilité des services.

Les systèmes hybrides peuvent encore nécessiter du gasoil

La Société financière internationale, membre du Groupe de la Banque mondiale, indique que certaines entreprises se spécialisent dans la fourniture de solutions énergétiques aux opérateurs de télécommunications. Ces entreprises installent et entretiennent des systèmes hybrides combinant panneaux solaires, batteries et groupes électrogènes. Toutefois, du gasoil peut encore être nécessaire dans certains cas, selon les conditions du site et les capacités de maintenance.