Volvo France vise à améliorer sa rentabilité grâce aux véhicules électriques et à une expansion stratégique de son réseau, notamment l'intégration de Lynk & Co.
Objectifs de rentabilité pour 2026
Le président de Volvo France, Christophe Duchatelle, a indiqué que la rentabilité du réseau en 2026 devrait se limiter à 0,4 à 0,5 %, avec un objectif de 1 à 1,5 % dans les années à venir. Malgré une hausse de 16 % des volumes et de 35 % des commandes, la filiale prévoit de terminer l'année autour de 15 000 voitures, soit une progression de 15 à 20 % par rapport à 2025. Le carnet de commandes a presque doublé par rapport à l'année précédente.Le virage vers l'électrique
La reprise repose en grande partie sur les véhicules 100 % électriques, qui représentent désormais 70 % des livraisons et 80 % des commandes, contre 40 % des ventes l'an dernier. Ce changement de motorisation de la marque s'accompagne d'une évolution de la composition des ventes, les modèles des familles 30 et 40 contribuant fortement à l'activité, alors que celle-ci reposait historiquement sur les gammes 60 et 90. La fiscalité et l'éco-score contribuent à cette redistribution.Objectifs de volumes et de rentabilité
Pour atteindre une rentabilité moyenne de 1 à 1,5 %, le dirigeant estime que le réseau doit vendre environ 17 000 à 20 000 voitures par an. Avec les 15 000 unités attendues en 2026, l'équilibre n'est pas encore atteint. L'arrivée de l'EX60 devrait contribuer au développement des volumes, avec 1 800 commandes déjà annoncées, même si la disponibilité limitera son apport à l'exercice 2026.Croissance du marché de l'occasion
Les véhicules électriques progressent fortement dans les ventes de voitures neuves, mais ils ne sont pas à la traîne dans l'occasion, avec une hausse de 50 % des volumes. La marque a demandé à sa société de financement captive, BNP Paribas Personal Finance, de prendre en charge les valeurs résiduelles, l'objectif étant qu'au final le réseau rachète les véhicules.Intégration de Lynk & Co
À partir de janvier 2027, Volvo France reprendra la commercialisation de Lynk & Co. L'objectif sera d'abord de relancer l'activité des concessionnaires existants avant d'élargir la couverture territoriale. La marque compte actuellement douze concessionnaires et 50 réparateurs en France. Cette intégration devrait permettre à la marque de bénéficier d'une organisation plus étoffée et de ressources humaines supplémentaires. Le développement du réseau interviendra dans une deuxième phase, le potentiel de Lynk & Co étant estimé à quelques milliers de voitures à long terme.Structure du réseau et séparation des marques
La distribution de Lynk & Co sera réservée aux investisseurs Volvo, à l'image de celle de Polestar, mais les marques ne partageront pas leurs espaces commerciaux. Le dirigeant prévoit des showrooms et des vendeurs distincts, la proximité portant davantage sur des fonctions moins visibles pour le client. Dans la plupart des cas, la partie après-vente peut être mutualisée, de même que certaines fonctions administratives. D'ici quelques années, la moitié au plus du réseau Volvo représentera également Lynk & Co.Stratégie plus large du groupe
Cette organisation s'inscrit dans un paysage plus vaste, marqué par le développement de plusieurs marques du groupe Geely. Si Lynk & Co et Polestar s'appuient sur les investisseurs Volvo, Geely et Zeekr recruteront en dehors de ce cercle. Christophe Duchatelle les qualifie de « concurrents privilégiés », soulignant la nécessité de différencier les offres. Appartenir au groupe constitue un avantage pour Volvo, grâce à l'accès aux technologies, à la possibilité de partager des plateformes et à un pouvoir d'achat renforcé. Toutefois, pour les distributeurs, la pertinence de cette diversification se mesurera d'abord à ses résultats.