Retour de certaines compagnies maritimes en mer Rouge

Plusieurs grandes compagnies maritimes ont commencé à reprendre les routes de la mer Rouge et du canal de Suez, largement évitées pendant près de trois ans en raison de problèmes de sécurité. Ce changement marque un retour partiel vers la voie maritime traditionnelle, plus courte, entre l'Asie et l'Europe, qui évite le long détour par l'Afrique.

Hausse du trafic à Suez

Le retour des compagnies maritimes vers le canal de Suez commence à se refléter dans les chiffres du trafic. Selon l'Autorité du canal de Suez, le tonnage net des porte-conteneurs transitant par le canal a augmenté de 54 % sur un an entre janvier et août. Toutefois, ce niveau reste très inférieur à celui observé avant le début de la crise en 2023.

La sécurité demeure un facteur déterminant

Malgré le retour de certaines compagnies, celles-ci continuent de souligner que leurs décisions reposent sur les conditions de sécurité actuelles en mer Rouge. La route de Suez est toujours considérée comme risquée en raison des conflits persistants autour du détroit de Bab el-Mandeb, qui relie la mer Rouge au golfe d'Aden. Les compagnies avancent avec prudence et ajustent leurs itinéraires en conséquence.

Impact sur les économies africaines

Le détour par l'Afrique a créé de nouvelles activités économiques le long de certaines côtes, notamment une hausse des ventes de carburant et des services portuaires. À Maurice, par exemple, les ventes de carburant marin ont fortement progressé. Toutefois, la durabilité à long terme de ces activités reste incertaine si davantage de navires reviennent vers la route de Suez.

Difficultés pour le commerce est-africain

Le long détour par le cap de Bonne-Espérance a provoqué des retards dans les ports d'Afrique de l'Est, perturbant les chaînes d'approvisionnement de produits comme le thé, le café et les avocats. Ces retards ont également contribué à une pénurie de conteneurs, dont les répercussions se sont fait sentir sur les économies locales. Des pays comme le Kenya et la Tanzanie dépendent fortement de la route de Suez pour leur commerce extérieur.

La perte économique de l'Égypte

L'Égypte a subi une forte baisse de ses recettes issues du canal de Suez après le début des détours. Selon les chiffres officiels, les revenus du canal ont chuté de 61 % en 2024 par rapport à 2023. Si le Fonds monétaire international a relevé une reprise progressive, les niveaux restent très en deçà de ceux d'avant la crise.

Risques pour les marins

Le détour par l'Afrique a ajouté plusieurs semaines aux trajets maritimes, accroissant les risques de fatigue, d'isolement et de stress psychologique pour les marins. L'Organisation maritime internationale a mis en lumière ces dangers, notamment la mort de plusieurs marins lors d'attaques en mer Rouge et la résurgence de la piraterie dans le golfe d'Aden.

L'avenir des ports africains

À mesure que davantage de navires reviennent vers la route de Suez, les ports africains doivent relever le défi de conserver les nouvelles activités et services développés pendant la période de détour. L'amélioration des infrastructures portuaires, la numérisation et l'efficacité des échanges pourraient aider ces ports à rester compétitifs, même si la route de Suez est à nouveau plus largement utilisée.