De nouveaux skippers Imoca comme Aurélien Ducroz et Jean-Baptiste Daramy transforment la scène de la voile avec des projets audacieux et des stratégies financières.
Les nouveaux skippers rejoignent la classe Imoca
Depuis le dernier Vendée Globe, la classe Imoca a accueilli de nouveaux skippers, pour la plupart issus de la Class40. Nicolas d'Estais avait ouvert la voie l'an dernier, suivi de Pierre-Louis Attwell, Robin Marais, William Mathelin-Moreaux et Jean-Baptiste Daramy. Jeudi, Aurélien Ducroz a annoncé l'acquisition de l'ancien Acciona pour lancer son propre projet en 2027. Sailorz s'est entretenu avec lui et avec Jean-Baptiste Daramy, qui expliquent leurs projets respectifs.Des skippers qui viennent de classes plus petites
Plusieurs personnes âgées d'une trentaine ou d'une quarantaine d'années rejoignent la classe après avoir couru en Mini 6.50 et pendant plusieurs saisons en Class40. Après Nicolas d'Estais l'an dernier, Pierre-Louis Attwell a officiellement annoncé son projet Resilient en mars, tout comme Robin Marais cet été avec Respire, les trois se lançant sur des foilers.De nouveaux bateaux et de nouveaux projets émergent
La semaine dernière, William Mathelin Moreaux est sorti de l'ombre, cette fois sur un foiler aux couleurs des Invincibles. Plus tôt, Jean-Baptiste Daramy a dévoilé les partenaires qui l'accompagnent sur la Route du Rhum-Destination Guadeloupe, tandis que jeudi, Aurélien Ducroz a annoncé l'acquisition de l'ancien Acciona.Le projet ambitieux d'Aurélien Ducroz
Le projet de la Chamoniarde de 44 ans, baptisé Ocean Peak, vise à « combiner ses deux passions », la mer et la montagne, en associant le Vendée Globe 2028 et l'ascension de 82 sommets alpins de plus de 4 000 mètres. Avec le rachat au Canadien Scott Shawyer du bateau dessiné par Owen Clarke et lancé en 2012 pour l'Espagnol Javier Sanso, Aurélien Ducroz franchit donc la première étape. La Chamoniarde n'a pas vraiment exploré la voie du foiler, affirmant qu'il coûtait au moins deux fois plus cher.Financement et perspectives
La date de lancement a également compté, alors que la classe Imoca envisage de retirer potentiellement les plus anciens bateaux. Le skipper confirme que le fait d'appartenir à une génération plus récente que le bateau de 2008 a pesé dans la balance. L'achat, finalisé mardi 6 octobre, a été en partie financé par la vente de l'ancien Crosscall à Thomas Lurton, par un prêt bancaire, mais aussi grâce au soutien de Thomas Riboud-Seydoux, un ami d'enfance du champion de freeride, qui a investi 50 % des fonds.Budget et besoins en sponsoring
Reste à franchir une seconde étape, celle du budget de fonctionnement, « d'environ un million d'euros par an, amortissement compris » pour les deux prochaines saisons. La Chamoniarde recherche un sponsor titre parmi un groupe de partenaires historiques, comme Helly Hansen, la Compagnie du Mont-Blanc et un groupe hôtelier de Chamonix, avec l'ambition de lancer son double projet le plus rapidement possible. Le programme sera à peu près le même pour les autres nouveaux skippers Imoca, pour la plupart issus de la Class40.Le projet de Jean-Baptiste Daramy
Jean-Baptiste Daramy se prépare à disputer sa troisième Route du Rhum avec un budget de 250 000 euros, « inférieur à ce que j'avais il y a quatre ans en Class40 ». Il ajoute que c'est possible cette année parce qu'ils ont beaucoup fait eux-mêmes et qu'ils ont un projet un peu à l'ancienne, avec des bénévoles qui les aident, mais que pour les deux prochaines années, ils ne pourront pas continuer ainsi : il faudra payer des gens, acheter des voiles et optimiser le bateau. Il devra aussi dégager un peu plus de temps pour son projet sportif.Le bateau de Daramy et son financement
Le Basque de 45 ans, qui compte deux Mini Transat et deux Route du Rhum à son actif, et travaille comme ingénieur en matériaux composites chez CompositAdour à Bayonne, a effectivement pris un congé sans solde à partir de début septembre pour disputer la Rhum 2026 à bord de son Imoca à quille, alors qu'il visait initialement un foiler. Il a visité plusieurs bateaux, dont ceux de Guirec (Soudée), d'Arnaud Boissières et du Canadien (Scott Shawyer), sans parvenir à trouver un accord financier. Finalement, il a trouvé l'ancien Tut Gut! d'Oliver Heer grâce aux petites annonces de Sailorz. L'achat a été finalisé en mai de l'année dernière et rendu possible grâce à l'ouverture du capital de son entreprise à des investisseurs, chacun apportant environ 50 000 €.Mettre à jour le bateau avec des moyens limités
Depuis, Jean-Baptiste Daramy n'a pas ménagé ses efforts pour mettre à niveau le bateau avec des moyens limités. Il a acheté des voiles d'occasion grâce notamment à Arnaud Boissières et Alain Gautier, qui lui ont consenti des prix défiant toute concurrence, ainsi qu'à Manu Cousin pour certaines pièces de rechange. Le Basque avait initialement l'intention de changer de bateau en cours de route, mais il a renoncé, affirmant que si l'on dit à un chef d'entreprise qu'il faut investir pendant au moins trois à quatre ans pour amortir un Imoca à foils, il risque de n'avoir aucune visibilité au-delà de six mois ; comment projeter quatre ans à l'avance ? Il est satisfait du bateau actuel et prendra le départ le 1er novembre depuis Saint-Malo, aux couleurs d'Anett et de Kalhyge.Financement futur et concurrence
Le budget envisagé pour les deux prochaines années serait d'au moins 600 000 € par an. Il se réjouit de retrouver l'an prochain, sur le circuit Imoca, d'anciens « collègues » de la Class40, dont Aurélien Ducroz.