Après plus de 50 ans, l'usine de Douvrin a fermé ses portes, marquant la fin d'une époque dans l'histoire automobile française alors que Stellantis se tourne vers les véhicules électriques.
Fermeture de l'usine de Douvrin
L'ancienne usine française de Douvrin a cessé toute activité après plus de 50 ans d'exploitation, sa production s'étant achevée vendredi dernier. Située dans le Pas-de-Calais, le site était historiquement connu pour avoir produit des dizaines de millions de moteurs et constituait un symbole de la mécanique française.Stellantis et reclassement des salariés
Stellantis, la maison mère, a mis en avant le reclassement des salariés dans le cadre de sa stratégie. Le groupe avait annoncé la fermeture lors d'une réunion extraordinaire en juillet, et la transition des salariés se poursuivait depuis plusieurs années. Certaines activités d'usinage étaient encore en cours, mais elles ont été décrites comme marginales.Production de batteries électriques à proximité
En 2023, Automotive Cells Company (ACC), une coentreprise réunissant Stellantis, TotalEnergies et Mercedes, a ouvert à proximité de l'ancienne usine de Douvrin pour produire des batteries électriques. Un centre de formation dédié a été mis en place pour aider les salariés à rejoindre de nouveaux postes au sein de la filière.Chiffres du reclassement et emploi local
Selon Stellantis, environ 350 anciens salariés de Douvrin ont rejoint ACC. Ce chiffre doit toutefois être replacé dans son contexte : le site comptait près de 1 500 salariés en 2021, et ACC emploie aujourd'hui près de 2 000 personnes. L'entreprise affirme que des emplois locaux ont été créés, sans toutefois qu'il s'agisse nécessairement des mêmes personnes.Critiques syndicales et inquiétudes sur les pertes d'emplois
La CGT a critiqué la fermeture, la qualifiant de décision financière déguisée en mesure de transition énergétique. Le syndicat souligne que la production de moteurs thermiques se poursuit dans d'autres usines, en France comme en Europe. Il affirme que des centaines d'emplois directs et indirects disparaissent dans la région, ce qui témoigne d'un impact important sur l'emploi local.Défis persistants de la transition
La fermeture soulève des questions sur le passage de la production de véhicules thermiques à celle de véhicules électriques. Si la région se tourne vers la production de batteries, il reste incertain que celle-ci remplace pleinement, à long terme, le savoir-faire et les emplois qu'offrait auparavant l'usine de Douvrin.