Avant la construction d’un lotissement par Troyes Aube Habitat, l’Inrap, l’Institut national de recherches archéologiques préventives français, a mené une fouille sur la rive sud de la Vienne, un affluent de la Seine, à quelques kilomètres en amont de Troyes. Le site, couvrant 1,7 hectare, a révélé des traces de trois périodes distinctes d’occupation humaine : antique, médiévale et moderne.
La période antique se caractérise par des habitations sur poteaux, entourées d’un fossé et séparées par une grande palissade, suggérant un établissement axé sur l’agriculture et l’élevage. Près de 300 structures, dont des bâtiments, des caves et des puits, ont été découvertes concentrées dans la partie est du site, sur environ 1 200 mètres carrés. Certains trous de poteaux présentaient des traces d’alignement de tuiles, indiquant la présence de bâtiments en maçonnerie à proximité, tandis que la découverte de tuiles et de tegulae — utilisées dans les systèmes de chauffage romains — laisse supposer l’existence d’une zone urbaine à proximité.
À la fin de l’Antiquité, trois sépultures ont été mises au jour en dehors de l’enceinte de l’établissement antique, regroupées sur une petite surface. Ces tombes, probablement attribuables à une famille, comprenaient une femme, un individu immature et un adulte de sexe indéterminé. Les sépultures contenaient des artefacts bien conservés, notamment des céramiques et des récipients en verre, offrant un rare aperçu des pratiques funéraires de la fin du IIIe au début du IVe siècle.
Au nord du site, la fouille a révélé une douzaine de huttes, des silos, un puits et des poteaux, mais l’organisation de ces structures reste floue. Les artefacts découverts ici sont peu nombreux et datent du début du Moyen Âge, entre les XIe et XIIe siècles.
À l’ouest du site, un large fossé formait un angle droit et s’étendait au-delà de la zone excavée, entourant des fosses de plantation d’arbres et de vignes disposées en lignes cohérentes, parfois interrompues par des greffes de vignes. Près du centre de cette zone se trouvait une « cave à poutres », un type de cave dotée de saillies pour maintenir des tonneaux. Des documents historiques indiquent qu’une maison seigneuriale, ou manoir, existait sur ces terres dès le XVIe siècle. Elle fut ensuite acquise par Pierre Pithou, une figure notable de Troyes, qui fit construire une nouvelle résidence, un parc et probablement un colombier et des vergers, comme le décrit un document de 1713. En 1808, les fossés étaient en grande partie comblés, bien qu’une section au nord soit restée remplie d’eau.
Cette fouille à La Rivière-de-Corps apporte un éclairage précieux sur les établissements antiques entourés de fossés et de palissades. Le grand nombre d’artefacts métalliques et de pièces de monnaie découverts suggère que le site pourrait être comparable à d’autres lieux de la région de Troyes de la même époque. Les trois sépultures de la fin de l’Antiquité sont particulièrement significatives, car elles contiennent une rare collection de céramiques et de récipients en verre complets. Si l’habitat médiéval ne semble représenter qu’une petite partie d’un établissement plus vaste, l’organisation des vergers modernes constitue une découverte inhabituelle qui pourrait, une fois étudiée en lien avec les archives et les textes agricoles, offrir des perspectives sur les pratiques agricoles des XVIIe et XVIIIe siècles.
Des découvertes archéologiques révèlent une occupation ancienne et médiévale dans la région de Troyes
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Inrap



