Les vagues de chaleur mettent l'agriculture européenne à rude épreuve

En 2026, l'Europe a connu 53 jours de vagues de chaleur, poussant les plantes cultivées à leurs limites physiologiques et entraînant des rendements agricoles historiquement bas. Ces conditions météorologiques extrêmes suscitent des inquiétudes quant à l'avenir de la production alimentaire dans la région.

Une nouvelle réglementation vise à renforcer la résistance des plantes

Le règlement européen récemment adopté sur les organismes issus de l'édition génomique (NGT) vise à faciliter la mise au point de variétés végétales plus résistantes. Toutefois, il reste à savoir si ces outils permettront de relever efficacement les défis posés par le changement climatique.

Des experts soulignent les limites des NGT

Thierry Langin, président de l'Association française des biotechnologies végétales (AFBV), a fait remarquer que la plupart des plantes cultivées fonctionnent aujourd'hui à la limite de leurs processus physiologiques. Il qualifie les NGT de « pas une baguette magique, mais un outil précieux qu'il faut mobiliser rapidement ».

Des évolutions réglementaires à l'horizon

Les essais en plein champ des cultures NGT sont actuellement considérés comme des organismes génétiquement modifiés (OGM), y compris pour les plantes NGT-1, qui ne seront plus soumises aux mêmes restrictions réglementaires d'ici 2028. Parmi les essais en cours en Europe figurent la tolérance à la chaleur et à la sécheresse du maïs en Belgique (VIB/UGent), la floraison précoce de la caméline en France (Inrae), ainsi que la résistance au mildiou et aux ravageurs de la pomme de terre en Suisse.

Les caractères complexes restent peu développés

Les caractères liés à la chaleur, à l'eau et à l'azote restent rares dans les essais actuels en raison de leur nature génétique complexe, qui nécessite de longs cycles de validation avant les essais en plein champ. Bien qu'aucun essai en cours ne porte spécifiquement sur ces caractères, les sélectionneurs y travaillent activement en raison de leur importance commerciale.

Les leaders mondiaux de la recherche sur les NGT

À l'échelle mondiale, la Chine est en tête de la recherche sur les NGT et des dépôts de brevets, avec 65 % des brevets mondiaux en édition génomique. Plusieurs variétés de blé, de soja, de riz et de colza ont obtenu des certifications de biosécurité, et leur commercialisation a débuté dans plusieurs provinces.

Les États-Unis misent sur des réformes juridiques

Aux États-Unis, l'accent est mis sur la réduction des barrières juridiques, les grandes entreprises semencières se préparant à l'évolution du marché. D'autres régions, notamment l'Argentine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique subsaharienne, font également progresser le développement des NGT.

Des start-up européennes moteurs de l'innovation

En Europe, des start-up et des entrepreneurs travaillent activement à des solutions fondées sur les NGT, le Royaume-Uni étant en tête des essais en plein champ grâce à une réglementation moins stricte. Quatre start-up se concentrent sur la résistance à la chaleur, l'utilisation de l'eau et l'efficacité de l'azote, dont une en France (Plantik Biosciences).

L'AFBV plaide pour une clarté réglementaire

L'AFBV a répondu à la consultation de la Commission européenne en proposant cinq points clés pour simplifier la vérification des cultures NGT-1. L'association préconise une mise en œuvre « proportionnée et scientifique » afin de permettre à la recherche publique et privée européenne ainsi qu'aux start-up de transformer les innovations en solutions pour les agriculteurs et la société.