Plusieurs recours juridiques ont été engagés contre la construction de ce qui deviendrait le plus grand centre de données d’Europe, situé en Seine-et-Marne. Estimé à 50 milliards d’euros, ce projet suscite l’opposition d’associations environnementales et locales, qui ont déposé six recours devant la cour administrative d’appel de Paris. Ces actions sont portées par une coalition d’organisations, dont France Nature Environnement (FNE), Terre de liens, la Confédération paysanne et les Amis de la Terre. Le projet est financé par le fonds d’investissement émirati MGX, Bpifrance, la start-up française d’intelligence artificielle Mistral et le géant américain Nvidia. Selon l’Autorité environnementale régionale (MRAe), ce centre de données présente des « caractéristiques inhabituelles » et devrait consommer jusqu’à 1,4 gigawatt d’électricité en pic. Cela représenterait plus de 2 % de la consommation électrique annuelle de la France et plus de 15 % de celle de l’Île-de-France. Les recours juridiques portent sur plusieurs aspects du projet. L’un d’eux concerne la modification du plan local d’urbanisme, un autre vise l’autorisation accordée à RTE, l’entreprise nationale de transport d’électricité, pour le raccordement au réseau. Quatre autres recours ciblent les autorisations environnementales délivrées par le préfet de Seine-et-Marne. Un septième recours, qualifié d’« imminent », devrait être déposé contre le permis de construire. Les associations dénoncent une organisation en trois entités distinctes, exploitées par des entreprises différentes, qui permettrait aux promoteurs d’échapper à certains seuils réglementaires, comme celui de la « Seveso seuil haut », applicable aux installations manipulant des substances ou procédés dangereux. L’avocat Louis Cofflard, qui représente la coalition, qualifie la structure des sociétés impliquées de « baroque » et évoque des « coquilles vides » dotées de moyens financiers très limités. L’une d’elles compterait un capital social d’un seul euro et un seul gérant. Jean-François Dupont, administrateur de l’association FNE 77, partage ces inquiétudes et parle d’une tentative de « contourner au maximum la réglementation ». Le processus judiciaire pourrait s’étendre sur dix mois, alors que les travaux de construction ont déjà commencé. La première phase du centre de données devrait être achevée d’ici 2028, et l’ensemble du site devrait être opérationnel en 2038.