Le 12 mai 2002 était un dimanche pluvieux à Baïkonour, au Kazakhstan, lorsque le toit du bâtiment 112 s’est effondré sur Bourane, la seule navette spatiale soviétique à avoir quitté l’atmosphère terrestre. Huit ouvriers, qui se trouvaient sur le toit pour le réparer, ont été tués sous les décombres (certaines sources n’en comptent que sept). Bourane avait effectué son unique vol le 15 novembre 1988, en pilotage entièrement automatique, sans équipage à bord. La navette reposait depuis quatorze ans dans le bâtiment 112 de Baïkonour, un édifice mal entretenu dont le toit était rongé par l’humidité. Ce 12 mai 2002, la pluie a alourdi la structure jusqu’à ce qu’elle cède, tuant huit travailleurs et détruisant à jamais la navette historique.
Bourane n’avait volé qu’une seule fois, le 15 novembre 1988, propulsée par la gigantesque fusée Energuia. Elle avait accompli deux orbites autour de la Terre en 206 minutes. Malgré un vent latéral d’environ 61 km/h, elle s’était posée à trois mètres de l’axe central de la piste et à dix mètres du point visé. Le lancement n’avait pas été diffusé en direct, ce qui avait alimenté des rumeurs de manipulation. La vidéo du décollage, rendue publique depuis, montre clairement la navette s’élever dans des conditions météorologiques très défavorables.
Le programme Bourane avait mobilisé plus de 150 000 personnes et plus de 1 000 entreprises à travers l’URSS. Pourtant, il avait été gelé en 1990 et officiellement abandonné en 1993 sous Boris Eltsine, en raison d’un manque de fonds dans une Russie en crise. Quatorze années sous un toit que personne n’entretenait. Après son vol, l’orbiteur 1.01 (105 tonnes, 35,4 mètres de long, soit presque deux bus articulés bout à bout) avait été stocké dans un bâtiment de Baïkonour. Il reposait sur une réplique de Energuia, dans un hangar conçu pour assembler les fusées Energuia et Bourane, et une fois celle du N-1 lunaire.
Le Kazakhstan, devenu propriétaire des installations après la dissolution de l’URSS, n’avait ni l’usage ni les moyens de les entretenir. Plusieurs sources attribuent la fragilité du toit à sa mousse isolante, conçue pour résister aux écarts de température entre un été steppique torride et un hiver glacial. Cette mousse aurait absorbé l’eau comme une éponge, dans une région où il ne pleut que quelques jours par an. Ce dimanche-là, huit hommes se trouvaient sur le toit. Ils tentaient de renforcer la structure alourdie par la pluie. Elle a cédé malgré tout, entraînant dans sa chute la navette et la réplique d’Energuia. Le bilan exact reste débattu : l’hebdomadaire Aviation Week évoquait dès le 20 mai 2002 « jusqu’à huit » victimes, et de nombreuses publications ultérieures reprennent ce chiffre. Pour la Russie, cette perte n’a eu aucun impact direct sur le programme spatial, selon Aviation Week. Les inquiétudes sont venues plutôt de Starsem, la coentreprise franco-russe pour les lancements Soyouz, qui utilisait les installations du site et dont la préparation de la sonde européenne Mars Express, prévue pour 2003, est devenue incertaine.
Ptichka, l’orbiteur achevé à 95-97 % mais jamais utilisé, a été déplacé dans un bâtiment voisin après l’accident, aux côtés d’une réplique de navette. Un véhicule de test atmosphérique, l’OK-GLI, est exposé au musée de Speyer, en Allemagne. Quant au hangar 112, il se dresse encore à moitié effondré, visible en arrière-plan lors des retransmissions de lancements depuis Baïkonour. Les deux dernières navettes présentes sur place attirent désormais les explorateurs urbains. Le cinéaste russe Alexandre Kaounas a ainsi parcouru quelque 40 kilomètres (24 miles) à travers le désert pour s’y rendre, avant d’y passer trois nuits parmi les décombres.
La navette spatiale Bourane détruite en 2002 lors de l'effondrement d'un toit au cosmodrome de Baïkonour
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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