Une étude intitulée Active Brains, menée auprès de plus de 11 000 Britanniques âgés de 60 à 85 ans, remet en question les connaissances actuelles sur le déclin cognitif. Publiée dans la revue The Lancet Primary Care, cette recherche visait à déterminer si de simples ajustements dans la vie quotidienne pouvaient modifier les résultats cognitifs en l’espace d’un an chez des participants présentant de faibles scores cognitifs. Le déclin cognitif désigne une perte progressive des capacités mentales, comme la mémoire ou le raisonnement, souvent liée au vieillissement et à des affections comme la démence. Le déclin cognitif constitue une préoccupation majeure après 60 ans, la démence ayant coûté environ 1 300 milliards de dollars (près de 1 200 milliards d’euros) dans le monde en 2019, selon l’Organisation mondiale de la Santé. L’étude s’est concentrée sur le programme numérique Active Brains, montrant que l’association de conseils sur le mode de vie et de courtes séances de stimulation cognitive peut aider certains seniors à ne plus répondre aux critères de déclin cognitif lié à l’âge après 12 mois. Les chercheurs ont utilisé le test de raisonnement verbal de Baddeley, un test informatisé qui évalue la compréhension écrite et le raisonnement, deux fonctions essentielles pour les tâches quotidiennes comme faire les courses ou gérer un budget. Les participants ont été répartis en trois groupes : l’un a reçu des conseils sur l’activité physique, un régime de type méditerranéen et d’autres facteurs liés au mode de vie ; un autre a bénéficié d’un soutien supplémentaire via l’outil en ligne ; et un troisième groupe a servi de groupe témoin. L’étude a révélé que dans le groupe ayant uniquement reçu un test et une fiche d’orientation, 28 % ne présentaient plus de signes de déficience cognitive ; dans les groupes soutenus par l’outil en ligne, ce chiffre approche un tiers. Cela suggère que le programme numérique pourrait avoir eu un impact positif sur les résultats cognitifs. L’étude indique que des activités ordinaires comme la lecture, les jeux de réflexion (mots croisés, sudoku), la musique, l’apprentissage ou la vie sociale pourraient jouer un rôle significatif dans l’atténuation du déclin cognitif. Ces résultats soulignent le potentiel des interventions sur le mode de vie pour préserver la santé cérébrale des personnes âgées. Les chercheurs précisent que, si ces résultats sont prometteurs, des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer les effets à long terme de telles interventions.