L’appareil Hawker Siddeley Trident 2E, immatriculé 5B-DAB, a été endommagé sur le tarmac de l’aéroport de Nicosie lors des frappes aériennes turques du 22 juillet 1974, jour du cessez-le-feu. Il n’a jamais redécollé depuis et repose depuis cinquante-deux ans sur le même béton, criblé d’impacts de balles. Long d’environ 35 mètres — l’équivalent de deux bus articulés placés bout à bout —, cet avion avait été livré à Cyprus Airways en mai 1970. Il n’a connu que quatre années de service commercial avant le conflit. Le Trident n’a pas connu le même succès que son rival américain, le Boeing 727, et seulement 117 exemplaires ont été construits, faisant de cette épave l’un des rares vestiges encore visibles d’un appareil britannique aujourd’hui rare. Les dégâts subis par le 5B-DAB sont survenus lors des frappes du 22 juillet 1974 à Nicosie, et l’appareil est resté cloué au sol depuis. L’aéroport de Nicosie est devenu une zone tampon sous contrôle de l’ONU après le cessez-le-feu, ce qui empêche toute réouverture sans accord des deux parties. L’épave appartient toujours à Cyprus Airways et est gardée par la FINUL (Force des Nations unies chargée du maintien de la paix à Chypre), accessible uniquement sur autorisation spéciale depuis cinquante-deux ans. Le 20 juillet 1974, un coup d’État soutenu par la Grèce éclate à Chypre, poussant la Turquie à intervenir. L’aéroport de Nicosie, alors principale porte d’entrée internationale de l’île, devient un champ de bataille entre les forces chypriotes et turques. Ce matin-là, le Trident 1E 5B-DAE arrive de Londres avec seulement six passagers à bord, son commandant ayant vainement demandé l’annulation du vol. Moins d’une heure plus tard, des bombardements réduisent l’appareil en miettes. Certaines sources situent les dégâts subis par le 5B-DAB le 20 juillet, d’autres le 22, jour du cessez-le-feu, comme le note le Aviation Safety Network. À l’époque, la compagnie comptait quatre Tridents. Deux d’entre eux, les 5B-DAC et 5B-DAD, n’ont subi que des dommages mineurs mais sont restés immobilisés. Le 5B-DAB, en revanche, était trop endommagé pour être réparé et a été abandonné près du hangar de maintenance de la compagnie. En 1977, des ingénieurs de British Airways sont venus récupérer les pièces récupérables pour les transporter à Londres. Les moteurs du 5B-DAB ont notamment servi à remettre en service ses deux sœurs. Le 23 juillet 1974, le commandant de la force de l’ONU à Chypre ordonne à ses troupes de prendre le contrôle de l’aéroport et le déclare zone protégée des Nations unies. Les deux camps doivent alors se retirer d’au moins 500 mètres autour du périmètre. Lorsque les lignes de cessez-le-feu sont établies en août, la zone est intégrée à la zone tampon séparant le nord et le sud de l’île. Depuis, l’aéroport est sous la responsabilité de la FINUL, qui y a installé son quartier général, des hélicoptères de l’ONU en activité ainsi que des installations de détente pour le personnel. Aucune des deux parties ne peut rouvrir le site sans l’accord de l’autre, et le trafic civil a été déplacé vers Larnaca, ouvert en 1975. Les tentatives de négociation pour une réouverture au fil des décennies n’ont jamais abouti. En février 2026, une proposition citoyenne visant à créer un musée bicommunautaire sur le site a fait la une, mais le porte-parole de la FINUL, Aleem Siddique, l’a qualifiée de pure spéculation. Aucune proposition formelle n’a été soumise à l’ONU, et le statut de l’aéroport reste inchangé.