Une étude dirigée par Christopher Gardner de Stanford, publiée en novembre 2023 dans JAMA Network Open, a révélé qu’un régime sans produits animaux réduit le taux de cholestérol et d’insuline chez des jumeaux identiques en huit semaines. L’essai a porté sur 22 paires de jumeaux identiques, soit 44 adultes d’environ 40 ans, majoritairement des femmes. Chaque paire a été assignée aléatoirement : un jumeau suivait un régime entièrement végétal, l’autre un régime omnivore. Cette méthode permet de limiter l’influence des facteurs génétiques et des antécédents familiaux sur les différences observées. Pendant les quatre premières semaines, les participants ont reçu tous leurs repas déjà préparés. Ils ont ensuite cuisiné eux-mêmes leurs repas pendant quatre semaines supplémentaires. Les deux groupes ont suivi un régime délibérément sain, riche en légumes et en fibres. La principale différence résidait dans l’absence de produits animaux dans le régime végane, tandis que le régime omnivore incluait des quantités mesurées de produits animaux. En huit semaines, le taux de LDL-cholestérol, la fraction qui obstrue les artères, a diminué en moyenne de 110,7 à 95,5 mg/dL chez les jumeaux véganes. La différence finale avec leurs jumeaux omnivores a atteint près de 14 mg/dL, un gain généralement obtenu après plusieurs mois de traitement ou d’efforts. Le même groupe a vu son taux d’insuline à jeun baisser d’environ 20 %, signe d’une meilleure gestion du sucre par leur organisme. Les véganes ont également perdu près de deux kilogrammes de plus que les omnivores sur la même période. Cette perte de poids a probablement contribué aux bénéfices, car maigrir réduit le cholestérol. Cependant, la différence reste marquée même lorsque les deux groupes suivaient une alimentation saine, ce qui suggère un effet propre aux régimes végétaux, au-delà de la simple perte de poids. Les résultats sont remarquables par leur rapidité, bien que la durée de l’étude ait été courte et le nombre de participants limité. Les auteurs soulignent qu’il n’est pas nécessaire d’éliminer toute viande pour en tirer des avantages, le point clé semblant être une plus grande place accordée aux végétaux, notamment les légumineuses, les céréales complètes et les noix. Reste à savoir si ces bénéfices se maintiennent dans le temps. Huit semaines ne suffisent pas à indiquer ce qui se passe pour le cœur après plusieurs années, d’autant que les deux régimes testés étaient déjà plus équilibrés que les habitudes alimentaires courantes. L’équipe de Christopher Gardner poursuit ses travaux sur des périodes plus longues pour vérifier si les améliorations persistent une fois les participants revenus à leurs anciennes habitudes.