Les jeunes se tournent vers l'IA pour trouver un soutien émotionnel

De plus en plus de jeunes utilisent l'intelligence artificielle pour parler de leurs problèmes personnels, comme une rupture, de l'anxiété ou des conflits familiaux, plutôt que de se confier à leurs proches. Cette tendance soulève des questions sur les raisons qui poussent certaines personnes à préférer partager leurs difficultés avec des machines, ainsi que sur les risques possibles liés à la création de liens affectifs avec des entités non humaines.

Ce qui rend l'IA attrayante dans les échanges personnels

L'intelligence artificielle influence de plus en plus les relations personnelles, en raison de sa disponibilité constante, de l'absence de jugement qu'on lui prête et de sa capacité à fournir des réponses personnalisées. Le psychanalyste Christian Richomme souligne que ce changement pose une question essentielle : en privilégiant des échanges qui évitent la frustration, ne rendons-nous pas les relations humaines plus difficiles à gérer ?

Un sentiment de sécurité dans les conversations avec l'IA

Se confier à une IA à propos de ses problèmes personnels est souvent perçu comme moins risqué qu'avec un être humain. Contrairement à un proche, une IA ne semble pas juger, ne risque pas de révéler des secrets et n'exprime pas d'émotions qui pourraient être difficiles à gérer. Christian Richomme explique : « Nous ne nous confions pas à l'IA seulement parce qu'elle répond. Nous nous confions à elle parce que nous n'avons pas peur de la décevoir. »

Une relation asymétrique entre l'IA et l'humain

L'absence de réciprocité dans les relations entre l'IA et l'humain est au cœur de ce phénomène. L'IA peut écouter, reformuler les propos et répondre de manière personnalisée, sans exprimer ses propres besoins. Toutefois, cette disponibilité à sens unique a ses limites. Se sentir écouté par une machine n'a rien à voir avec le fait d'être véritablement compris par un autre être humain.

Une utilisation répandue de l'IA chez les jeunes

Selon une enquête menée par Ipsos BVA pour le groupe VYV et la CNIL, près de la moitié des 3 800 jeunes âgés de 11 à 25 ans interrogés en France, en Allemagne, en Suède et en Irlande déclarent avoir discuté de leurs problèmes personnels avec une IA.