L’atmosphère terrestre est principalement composée d’azote, avec la présence d’oxygène et d’autres gaz. Dans les couches inférieures, la vapeur d’eau est abondante et joue un rôle clé, tout comme le dioxyde de carbone et les polluants. Un homme de 72 ans s’est présenté aux urgences en crachant du sang et en éprouvant des difficultés à avaler. Lors de sa première visite, les médecins n’ont décelé aucune anomalie et l’ont renvoyé chez lui avec une ordonnance d’antibiotiques. Cependant, il est revenu deux jours plus tard dans un état plus grave. Après avoir examiné sa gorge, réalisé une radiographie thoracique et effectué des analyses sanguines, les médecins n’ont rien trouvé de sérieux et ont diagnostiqué une infection des voies respiratoires inférieures. Il a reçu des antibiotiques, des corticoïdes et un bain de bouche, mais ses symptômes persistaient. Deux jours plus tard, il est retourné aux urgences, continuant à cracher du sang, ayant du mal à avaler et nécessitant de l’oxygène pour respirer. Une plaque métallique recouvrant ses cordes vocales a été découverte. Après des radiographies supplémentaires, les médecins ont envisagé la possibilité d’une pneumonie causée par l’inhalation d’un corps étranger. Le patient a été orienté vers un service d’ORL (oto-rhino-laryngologie) pour des examens complémentaires. Aucune anomalie n’a été détectée dans le pharynx ou les ganglions lymphatiques, mais l’insertion d’un tube fin et flexible par le nez a révélé une plaque métallique recouvrant les cordes vocales du patient. Il s’agissait de sa prothèse dentaire, qui s’était logée dans son larynx. Le patient a admis avoir perdu sa prothèse dentaire lors d’une hospitalisation pour une chirurgie générale huit jours plus tôt. « Cette prothèse était composée d’une plaque métallique et de trois incisives », indiquent les médecins dans leur rapport. Ils ont déduit que l’homme avait probablement inhalé la prothèse pendant l’opération qu’il avait subie quelques jours plus tôt sous anesthésie générale pour l’ablation d’une tumeur bénigne paroi abdominale. Les médecins ont souligné que ce cas met en lumière la nécessité d’une vigilance accrue. « Il est essentiel de noter si les patients portent une prothèse dentaire et de surveiller sa position pendant les procédures », ont-ils écrit. « La présence de toute prothèse dentaire doit être clairement documentée avant et après toute intervention, et tous les membres de l’équipe du bloc opératoire doivent être informés des protocoles périopératoires qui la concernent », a déclaré le Dr Harriet Cunniffe, co-autrice du rapport publié par l’hôpital universitaire où le patient a été soigné (James Paget de Great Yarmouth). Le Dr Cunniffe a également exprimé des regrets quant au fait que les médecins ayant traité le patient lors de sa première visite aux urgences n’aient pas prêté plus d’attention à ses difficultés à avaler. Une radiographie latérale a montré la prothèse coincée dans la gorge du patient. Heureusement, celle-ci a pu être retirée à l’aide d’une pince. Cependant, l’état de santé du patient ne s’est pas amélioré immédiatement après le retrait de l’objet. Il a dû poursuivre un traitement contre la pneumonie et a été hospitalisé à quatre reprises, car il continuait à cracher du sang. L’hémorragie était si grave que l’homme a dû subir deux interventions chirurgicales et recevoir des transfusions sanguines. Ce cas d’inhalation de prothèse dentaire n’est pas unique, mais il reste rare. Une étude de 2016 portant sur 15 ans a recensé 91 incidents distincts d’ingestion ou d’inhalation de prothèses dentaires dans 28 pays. En France, le retrait des prothèses dentaires amovibles est obligatoire avant d’entrer au bloc opératoire, au même titre que le retrait des bijoux, piercings, lunettes ou vernis à ongles. La Société française d’anesthésie et de réanimation (SFAR) rappelle aux professionnels de santé les risques importants liés à la relaxation musculaire et à l’intubation trachéale sous anesthésie générale : « si elle n’est pas retirée, la prothèse dentaire peut se déplacer, se briser, être avalée ou se retrouver dans les voies respiratoires, provoquant une obstruction grave ou une asphyxie (inhalation). »