La CRC pointe des problèmes de gestion financière

La chambre régionale des comptes (CRC) des Hauts-de-France a exprimé des inquiétudes concernant la gestion financière de la chambre régionale de métiers et de l'artisanat (CMAR), soulignant que la régionalisation de son réseau n'a pas permis de réaliser les économies attendues. Les observations de la CRC, publiées le 29 octobre 2026, font état d'une forte hausse des dépenses, de décisions immobilières coûteuses et de problèmes comptables qui nuisent à la fiabilité des comptes.

Le rôle et l'envergure de la CMAR

La CMAR accompagne les entreprises artisanales et assure des actions de formation. Elle emploie plus de 1 000 salariés sur quarante sites et propose près de 80 formations. Ces formations représentent environ 10 % de l'ensemble des apprentis de la région, ce qui signifie que ses décisions budgétaires dépassent largement la seule sphère administrative.

Les origines de la structure de la CMAR

La CRC relève que la création de la CMAR Hauts-de-France, à partir de 2018, visait à mutualiser les ressources et à réaliser des gains d'efficacité. Cette démarche s'inscrivait dans des réformes nationales, notamment la loi Pacte, qui a renforcé l'échelon régional des chambres de métiers et de l'artisanat. La direction générale des entreprises a mis en œuvre ce modèle dans l'ensemble du réseau à partir de janvier 2021.

Hausse des dépenses et facteurs externes

Malgré ces objectifs, les dépenses des Hauts-de-France ont fortement augmenté, principalement en raison de la hausse des frais de personnel. Si la CRC reconnaît l'influence de facteurs externes, comme l'inflation et l'augmentation de l'activité, elle identifie également des coûts supplémentaires liés aux choix de gestion de la CMAR.

Recettes et dynamique financière

La CRC constate que la situation financière de la CMAR a été soutenue par la croissance de l'apprentissage, qui a contribué à couvrir les coûts de formation. Toutefois, les subventions sont restées inchangées et les taxes imposées aux chambres ont légèrement diminué.

Immobilier et décalage avec les besoins

L'audit souligne que la CMAR dispose d'un parc immobilier surdimensionné et mal utilisé. Certains biens ont été cédés à des prix sous-évalués et des terrains jugés inadaptés ont été acquis. Ces constats soulèvent des interrogations sur l'adéquation entre les locaux et les besoins réels des territoires, ainsi que sur les moyens consacrés au service public de l'artisanat.

Ressources humaines et problèmes comptables

La CRC relève des difficultés en matière de ressources humaines, notamment des recrutements et des licenciements fréquents, ainsi que des primes irrégulières ou coûteuses. Elle pointe également des failles comptables, comme des stocks non comptabilisés, des erreurs dans les écritures financières et l'absence de contrôle approprié sur une trentaine de régimes financiers dépourvus de base juridique. Par ailleurs, la CMAR n'a pas acquitté d'impôt sur les sociétés.

Pérennité et actions recommandées

Tout en formulant ces critiques, la CRC juge la situation financière de la CMAR soutenable, compte tenu d'un endettement limité, d'un patrimoine immobilier important et de réserves de trésorerie confortables. Elle note une baisse modérée depuis 2023, mais insiste sur la nécessité d'une démarche structurée plutôt que de solutions rapides. La CRC recommande d'aligner les besoins des territoires sur les moyens humains et immobiliers disponibles, et de renforcer l'efficience ainsi que la mutualisation des ressources.

Organisation de la CMAR et impact

La CMA Hauts-de-France gère un réseau d'une quarantaine d'établissements locaux, chacun proposant un accompagnement aux artisans et une formation professionnelle. Les choix d'organisation retenus par la CMAR auront des conséquences importantes sur le fonctionnement de ce réseau au niveau local.