La direction de Marseille est sous le feu des critiques après un audit révélant une instabilité et des préoccupations éthiques, suscitant un débat au conseil municipal.
Un audit met en lumière une instabilité administrative
La chambre régionale des comptes a rendu un rapport sur la gestion de Marseille qui a suscité de vifs débats au conseil municipal, vendredi 16 octobre, après quatre heures et demie de délibérations. Couvrant la période allant de la fin de l'ère Gaudin à l'actuelle équipe municipale dirigée par Benoît Payan, ce rapport relève des problèmes persistants tout en reconnaissant certaines améliorations.Une instabilité marquée par des changements fréquents
L'audit constate une « instabilité » dans l'administration de la ville, relevant quatre réorganisations et cinq changements de directeurs généraux des services depuis 2018. Malgré une hausse des effectifs, passés de 14 426 à 16 188, l'absentéisme reste supérieur de 43 % à la moyenne nationale. La ville affirme que ces recrutements sont nécessaires pour renforcer les services publics.Des préoccupations en matière d'éthique et de contrôle
Le rapport souligne également un « déficit significatif de contrôle interne et de prévention des manquements à la probité », en particulier dans les mairies de secteur. Il évoque des situations ambiguës entre fonctions politiques et administratives, et appelle à éviter toute « ingérence ». Benoît Payan a affirmé avoir fait de l'éthique une priorité, citant la hausse du nombre de procédures disciplinaires.Une situation financière toujours fragile
Sur le plan financier, le bilan est contrasté. La dette municipale a diminué de 22 % entre 2018 et 2024, et les investissements ont progressé. Toutefois, la chambre juge la situation « fragile » en raison de la hausse des dépenses de personnel et d'une capacité d'autofinancement « faible ».L'opposition pointe des dysfonctionnements de gestion
Au conseil municipal, l'opposition s'est saisie des critiques du rapport. L'extrême droite, menée par Thibaut Charpentier du RN, s'est appuyée sur ces constats pour affirmer que la ville ne peut présenter des comptes d'une fiabilité satisfaisante et que l'absentéisme demeure élevé et n'est pas pleinement diagnostiqué. Ses propos ont provoqué des tensions, notamment au sein de la majorité Marseille Printemps.Des critiques constructives et des appels à réformer
Romain Simmarano, conseiller municipal Renaissance, a formulé des critiques qu'il a qualifiées de « constructives ». Selon lui, le problème n'est pas le recrutement de policiers supplémentaires ou de personnels dans les crèches et les écoles, mais l'ajout de chargés de mission dans l'administration, comme des chefs de projet bien rémunérés venant remplacer des fonctionnaires en place. Il a relevé des sous-investissements et des questions d'éthique, tout en terminant sur une note positive à l'égard du maire.Le maire défend sa gestion et ses politiques
Benoît Payan a défendu ses choix en matière de dépenses de personnel, de services publics et sa gestion d'ensemble, affirmant qu'il n'acceptera jamais qu'un magistrat prescrive les politiques publiques. Il a critiqué les magistrats pour leur manque de moyens et a relevé une forme de « schizophrénie » de leur part, ceux-ci ayant recommandé de supprimer 36 millions d'euros d'aides de la Métropole à Marseille, alors que la CRC recommandait de les supprimer.Le maire reconnaît des progrès et s'engage à mettre en œuvre des réformes
Le maire a souligné que le nombre de recommandations de la chambre régionale des comptes était passé de 28 à 7, signe d'une amélioration de la gestion municipale. Il s'est engagé à mettre en œuvre les sept recommandations de la CRC.