Paris a enregistré une hausse record de 18,6 % de la création d’entreprises en 2025, selon le rapport annuel de l’Observatoire économique de Paris/Île-de-France, dirigé par l’Apur. L’agglomération du Grand Paris a connu une progression de 8,5 %, tandis que la région Île-de-France affichait 6,7 % et l’ensemble du pays, 4,9 %. Dans les limites de la capitale, près de 120 000 entreprises ont été créées en douze mois. Ce chiffre marque un renversement d’une tendance de longue date, Paris voyant sa part de création d’entreprises en Île-de-France décliner au profit des zones environnantes depuis plus de vingt ans. La Chambre de commerce et d’industrie de Paris Île-de-France a souligné que la capitale représente désormais 36 % des créations d’entreprises de la région, dépassant ainsi les banlieues, qu’elles soient proches ou éloignées. Malgré cette vague de créations, le taux de chômage à Paris a augmenté de 0,4 point sur un an, atteignant 6,1 % de la population active. Les défaillances d’entreprises ont suivi une tendance similaire, avec 1 563 défaillances enregistrées à Paris au dernier trimestre 2025, soit près de 18 % de plus qu’un an plus tôt. Une hausse de 18,5 % avait déjà été constatée durant l’été. Parallèlement, les immatriculations de véhicules ont atteint un niveau sans précédent, selon Crocis, l’observatoire de la CCI. Le régime de la micro-entreprise a simplifié et rendu peu coûteuse la création d’entreprise, représentant plus de six créations sur dix en Île-de-France et franchissant pour la première fois le seuil des 200 000 immatriculations. Pourtant, l’Insee, l’institut national de la statistique, a constaté que moins de trois micro-entrepreneurs sur dix enregistrés en 2018 étaient toujours actifs cinq ans plus tard. Les créations d’entreprises traditionnelles, hors micro-entreprises, ont également progressé de près de 16 % par rapport à l’année précédente à Paris. Dans toute la région, le commerce a bondi de 22,5 %, porté par la croissance du secteur numérique. La densité de Paris reste un atout décisif, avec des clients, des financements, des réseaux et des compétences accessibles en quelques stations de métro. Les économistes qualifient ce phénomène d’effets d’agglomération, notant que l’écart entre Paris et le reste du pays reflète une économie fondée sur la connaissance qui se concentre là où elle trouve déjà ce dont elle a besoin. Les entrepreneurs observent qu’il est plus facile de trouver un premier client rue du Faubourg-Saint-Antoine qu’à Vierzon. Cette polarisation risque d’aggraver les inégalités territoriales que l’aménagement du territoire tente de réduire depuis plus de cinquante ans. Le télétravail, censé disperser l’activité, pourrait au contraire avoir renforcé l’attrait du centre, devenu davantage un lieu de rencontre qu’un espace de production. La question soulevée par ce record reste entière : Paris crée-t-elle des entreprises ou se substitue-t-elle à l’emploi ? La réponse ne viendra pas des chiffres de création, mais de ceux de la pérennité des entreprises.