La France révèle le coût des pensions dans les budgets ministériels, avec 32 % pour l'éducation, relançant le débat sur les déficits cachés et la surrémunération du secteur public.
Les dépenses de retraite dans les budgets ministériels révélées
Le gouvernement a publié la part des dépenses de retraite dans les budgets des différents ministères, dans le but d'accroître la transparence. Le ministère de l'Éducation nationale consacre 32 % de son budget aux pensions, soit 28,5 milliards d'euros, tandis que le ministère de l'Intérieur y consacre 30 %, un niveau nettement supérieur à la moyenne d'environ 13 % pour l'ensemble des ministères.Accusations d'un déficit caché des retraites
Cette publication intervient après que l'ancien Premier ministre François Bayrou a accusé l'État de créer un « déficit caché » dans le domaine des retraites, lié à des surcotisations des fonctionnaires et des militaires. En 2026, ces surcotisations atteindraient 82,26 % pour les fonctionnaires et 126,07 % pour les militaires, contre 28 % dans le secteur privé.Un compte spécial pour éviter les déficits du système de retraite
Le compte d'affectation spéciale (CAS) « Pensions », qui fait partie du projet de loi de finances, est conçu pour ne jamais être déficitaire. Cela nécessite des ajustements annuels des cotisations employeurs afin de garantir la solvabilité du compte. Le déséquilibre démographique de la fonction publique, lié au vieillissement de la population et à la hausse du nombre de contractuels, a rendu ce défi plus difficile à relever, avec moins d'un actif par retraité, contre 1,5 dans le secteur privé.Le gouvernement défend la clarté des données sur les retraites
Le gouvernement affirme que les informations relatives aux dépenses de retraite dans les budgets ministériels n'étaient pas dissimulées, mais qu'elles étaient difficiles à interpréter. La Cour des comptes et le Conseil d'analyse économique avaient auparavant rejeté les accusations de « déficit caché », tout en reconnaissant la complexité des méthodes comptables. L'Institut des politiques publiques (IPP) a avancé un taux de cotisation employeur « légitime » de 34,7 % pour la fonction publique, mais aucun consensus n'a été atteint.Les retraites des fonctionnaires comparées à celles du secteur privé
Le gouvernement nie que les pensions des fonctionnaires soient plus généreuses que celles du secteur privé. Une étude de la Drees a montré que l'application des règles du secteur privé aux pensions des fonctionnaires n'entraînerait qu'une hausse de 1,5 % pour la génération née en 1958. En revanche, les fonctionnaires sont partis à la retraite plus tôt en moyenne en 2025, soit environ un an et deux mois avant les salariés du privé, en raison des dispositifs de départ anticipé propres à certaines professions.Les dépenses de retraite progressent par rapport aux autres priorités
Les dépenses de retraite ont augmenté par rapport à d'autres postes de dépenses publiques. Entre 2000 et 2023, la part des dépenses de retraite par rapport au PIB a progressé, tandis que les dépenses d'éducation diminuaient. Les dépenses publiques de la France dépassent la moyenne de l'Union européenne d'environ 8 points de PIB, dont 2,7 points sont liés aux dépenses liées à la vieillesse. Au cours des 50 dernières années, 80 % de la hausse des dépenses publiques provient des dépenses sociales, en particulier des retraites et de la santé.