La crise de l'eau en Afrique exige plus que des financements : elle requiert des professionnels qualifiés. La 4e Biennale de Luanda a mis en lumière ce défi.
Un accès à l'eau qui dépend de main-d'œuvre qualifiée
L'expansion des services d'eau potable en Afrique exige non seulement des financements, mais aussi des professionnels formés capables d'exploiter et d'entretenir les infrastructures. Ce thème a été au cœur de la 4e Biennale de Luanda, organisée en Angola en octobre, où les débats ont porté sur la gouvernance de l'eau et son rôle dans la prévention et la résolution des conflits sur le continent.Des lacunes en expertise relevées dans un rapport mondial
Un rapport 2024-2025 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et d'ONU-Eau révèle que moins d'un tiers des pays interrogés estiment disposer d'un personnel formé en nombre suffisant dans les secteurs de l'eau et de l'assainissement. Pour l'eau potable, seuls 26 % des pays déclarent avoir des effectifs suffisants, un chiffre qui tombe à 15 % pour l'assainissement.Les établissements de formation ne suffisent pas à la demande
Si plus de 70 % des pays interrogés disposent d'établissements de formation technique ou d'universités proposant des cours liés à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène, moins de 20 % d'entre eux pensent que ces établissements peuvent former assez de professionnels pour répondre à la demande croissante du secteur.Des financements annoncés pour les projets d'eau
En septembre 2025, la Banque mondiale a annoncé une enveloppe pouvant atteindre 1,58 milliard de dollars destinée à améliorer l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'hygiène dans douze pays d'Afrique de l'Est et d'Afrique australe. L'initiative vise à bénéficier à au moins 30 millions de personnes, mais la part allouée à la formation et au développement des compétences dans le secteur n'a pas été précisée.