L’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris a annoncé un programme dédié à la commémoration de l’héritage du poète palestinien Mahmoud Darwich, qui se déroulera du 25 au 27 septembre. Organisé en partenariat avec le Centre culturel Georges-Pompidou à Paris, l’événement, intitulé Journée poétique Mahmoud Darwich, proposera une série d’activités culturelles dans quinze villes en France et à l’étranger. Cette initiative vise à honorer les contributions du poète et à favoriser les échanges culturels ainsi que la diversité à travers ces rassemblements. Mahmoud Darwich est né en 1941 à al-Birwa, un village situé dans ce qui est aujourd’hui Israël, et s’est éteint à Houston en 2008. Il fut l’une des figures les plus marquantes de la littérature palestinienne, ayant écrit plus de vingt recueils de poésie et sept ouvrages en prose, dont beaucoup ont été traduits en plus de vingt-deux langues. Au cours de sa carrière, il a reçu de nombreux prix, dont le Prix Lénine de la paix, le Prix Prince Claus et le titre de Commandeur des Arts et des Lettres, une distinction française reconnaissant l’excellence culturelle. La jeunesse de Darwich fut marquée par la perte et l’exil. À l’âge de sept ans, on lui annonça que sa mère se trouvait à Akka, et il passa des heures à marcher sous le soleil avant de rentrer chez lui pour découvrir sa famille en deuil de son absence. Peu après, sa famille dut fuir son foyer en raison de la violence du conflit arabo-israélien de 1948, un événement qui contraignit Darwich à vivre en tant que réfugié. Cette expérience a profondément influencé sa poésie et sa vision du monde, façonnant sa compréhension de l’exil et du déracinement. Tout au long de sa vie, Darwich a connu différentes formes d’exil. Après la destruction de son village en 1948, il rejoignit le Parti communiste israélien en 1961 et fut emprisonné à plusieurs reprises entre 1961 et 1967. Plus tard, il vécut dans plusieurs pays, dont Moscou, Le Caire, Beyrouth, Tunis et Paris. À Beyrouth, il fonda en 1981 le magazine al-Karmel, qu’il dirigea jusqu’à sa mort. Sa vie fut à nouveau bouleversée par l’invasion israélienne du Liban en 1982, qui l’obligea à quitter Beyrouth une fois de plus. La voix poétique de Darwich a évolué, passant de thèmes militants à un humanisme plus large, utilisant la Palestine comme métaphore pour parler d’autres communautés marginalisées et de tragédies historiques. Son œuvre ne fut jamais empreinte de haine, mais de douleur et d’espoir. Dans son poème Pensez aux autres, il soulignait l’importance de l’empathie et de la prise en compte des besoins d’autrui dans la vie quotidienne. Son parcours fut celui d’une émancipation personnelle et artistique, passant du statut de poète de la résistance à celui de penseur de l’identité, et finalement de témoin des blessures de l’humanité. En 1993, il quitta l’Organisation de libération de la Palestine, non par acte de reddition, mais par engagement envers la pureté de la poésie, estimant qu’elle ne devait pas servir le pouvoir politique, même celui de son propre peuple.