La navette Challenger déploie le satellite LDEF

En avril 1984, la navette Challenger a déployé en orbite terrestre basse un objet inhabituel baptisé LDEF, pour Long Duration Exposure Facility. Ce satellite, un cylindre à douze faces pesant près de 9 700 kilogrammes, était équipé de 57 expériences scientifiques différentes.

La mission du LDEF et son calendrier

Sa mission consistait à exposer des matériaux et des organismes vivants aux conditions extrêmes de l'espace, puis à les ramener sur Terre pour étudier les effets du vide, des rayonnements et des variations thermiques. Le calendrier initial prévoyait que le satellite reste en orbite pendant dix mois, un an tout au plus.

Une récupération retardée par la catastrophe de Challenger

Toutefois, la récupération, initialement prévue pour mars 1985, a d'abord été reportée à 1986. La situation a brusquement changé lorsque la navette Challenger a explosé en janvier 1986, ce qui a interrompu pendant plusieurs années l'ensemble du programme de vols habités américain.

Le LDEF reste en orbite pendant des années

La récupération du satellite a été reportée indéfiniment, faute de navette disponible pour le récupérer. Le LDEF est donc resté en orbite pendant 69 mois au lieu de 10, effectuant 32 422 révolutions complètes autour de la Terre. Son altitude a diminué progressivement sous l'effet des frottements résiduels de la haute atmosphère.

Des graines de tomate à bord de la mission

Parmi sa cargaison figuraient 12,5 millions de graines de tomate Rutgers, transportées dans le cadre du projet SEEDS, une collaboration entre le siège de la NASA, le Langley Research Center et la société de semences George W. Park Seed. Ces graines ont été distribuées dans 132 000 kits à 3,3 millions d'élèves dans tous les États américains et dans une trentaine de pays étrangers.

Les résultats de germination montrent des différences minimes

Les résultats préliminaires de cette expérience ont montré un taux de germination de 73,8 % pour les graines de l'espace, contre 70,3 % pour les graines terrestres, avec un délai moyen de germination quasiment identique de 8,0 jours contre 8,3 jours. Les résultats finaux ont confirmé ces constats : les élèves n'ont signalé que de très légères différences visibles entre leurs deux rangées de plants.

Des craintes de mutations dues aux rayonnements

En avril 1990, le Los Angeles Times a révélé l'existence d'une note interne rédigée par un sous-traitant de la NASA basé dans l'Oklahoma. Ce document évoquait une possibilité minime que des mutations provoquées par les rayonnements amènent les plantes à produire des fruits toxiques.

La NASA écarte les inquiétudes sur la sécurité

La NASA a répondu qu'il n'existait aucune base à l'idée d'un danger pour les élèves. Jim Alston, directeur de la recherche chez Park Seed Co. en Caroline du Sud, a confirmé que les compteurs de radiations n'avaient absolument rien détecté d'anormal au retour des graines sur Terre.

Une note controversée et l'héritage de la mission

La note alarmante, qui visait 120 000 kits distribués à 58 000 enseignants, a finalement été réfutée, mais elle est restée un épisode notable dans l'histoire de la mission. La durée d'orbite prolongée du satellite et le voyage des graines de tomate illustrent le caractère imprévisible de l'exploration spatiale, y compris dans ses missions les plus pédagogiques.

Les graines exposées à l'espace se comportent de manière similaire

Les graines exposées à l'espace ont poussé aussi bien, voire légèrement mieux, que leurs homologues restées sur Terre.