Un mosasaure de 2,5 mètres de long, nommé Garamaudo bauciensis, vivait dans un lac près d’Aix-en-Provence il y a environ 84 millions d’années, selon une étude publiée le 28 septembre 2026 dans PCI Paleontology par les paléontologues du CNRS Nathalie Bardet et Alexandra Houssaye. Cette découverte est importante car elle remet en cause l’hypothèse selon laquelle tous les mosasaures étaient des prédateurs strictement marins. Des recherches antérieures suggéraient que ces reptiles, capables d’atteindre jusqu’à 15 mètres de long, vivaient exclusivement en pleine mer.
Les restes fossiles de Garamaudo bauciensis ont été découverts en 1997 sur un affleurement appelé Bouc-Bel-Air, dans la région des Bouches-du-Rhône. La collection comprend une vingtaine de pièces, dont une mâchoire gauche, neuf vertèbres, six côtes, un humérus et un demi-bassin. Une vertèbre isolée, trouvée à 20 mètres de distance en 2018, indique la présence d’au moins deux individus. Les sédiments entourant les fossiles suggèrent qu’ils datent du Santonien, il y a environ 84 millions d’années.
L’humérus de Garamaudo bauciensis est long et mince, contrairement aux nageoires puissantes des autres mosasaures. Son bassin reste fusionné, avec un ilium orienté vers l’arrière, une caractéristique observée chez les lézards terrestres. Des scans haute résolution des os denses, réalisés à Montpellier, indiquent que l’animal était adapté pour flotter dans l’eau sans dépenser beaucoup d’énergie. Cette adaptation aurait limité son accélération, poussant les chercheurs à proposer qu’il chassait par embuscade, se déplaçant comme une anguille plutôt que par mouvements de queue.
Les os denses suggèrent également que le mosasaure aurait été sujet aux fractures s’il avait tenté de marcher sur la terre ferme. La vascularisation des os révèle un taux de croissance plus vigoureux que chez les lézards modernes, mais moins que chez les mosasaures marins. Cela indique que Garamaudo bauciensis n’a jamais quitté les eaux peu profondes du bassin lacustre voisin.
Le bassin lacustre de Bouc-Bel-Air a également livré d’autres fossiles, dont des coquilles de mollusques d’eau douce, un lépisosté du genre Atractosteus et un cœlacanthe, Axelrodichthys megadromos. Une tortue et de petits crocodiliens complètent la faune, sans présence de grands crocodiles. Les paléontologues ont identifié deux autres mosasaures d’eau douce : Pannoniasaurus en Hongrie et un spécimen de Villeveyrac dans l’Hérault. Tous appartiennent à la même sous-famille, les tethysaurinés, la seule branche du groupe à avoir colonisé les lacs et les rivières. Le Muséum d’histoire naturelle d’Aix-en-Provence conserve actuellement les ossements de Bouc-Bel-Air.
Une découverte de fossile révèle un mosasaure d'eau douce dans le sud de la France
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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