Le semis aérien avant récolte regagne en popularité, notamment en raison des étés de plus en plus secs. Cette technique utilise des drones pour planter des cultures intermédiaires alors que la culture précédente est encore en place. Cette méthode permet aux graines de profiter de l’humidité résiduelle du sol et de la protection offerte par les plantes existantes, ce qui peut favoriser leur croissance et la production de biomasse avant l’automne. Selon Arvalis, des essais menés depuis 2019 ont montré que semer moins de dix jours avant la récolte peut donner des résultats comparables en termes de croissance des plantes, de biomasse et d’absorption d’azote à ceux obtenus en semant après la récolte. En revanche, les semis effectués 16 à 70 jours avant la récolte aboutissent souvent à une biomasse plus faible, car les jeunes plants peuvent manquer d’eau ou de lumière sous la culture encore en croissance. En juin 2026, l’entreprise Oligo+ a utilisé des drones à Lavaufranche, dans l’Allier, pour semer du trèfle rouge dans un champ d’avoine encore en croissance. Le drone employé pouvait transporter jusqu’à 50 kg de graines et les répartir sur une largeur de 6 mètres, à un rythme pouvant atteindre 7 hectares par heure dans des conditions idéales. Des essais similaires ont été menés en septembre dans les Côtes-d’Armor, où un mélange de vesce et de vesce velue a été semé dans du maïs grain. Ces expériences visent à gagner du temps dans la plantation des cultures intermédiaires et à leur permettre de mieux se développer avant l’hiver. Un champ expérimental installé en 2025 à Lierville, dans l’Oise, a comparé différentes méthodes de semis. Le semis aérien réalisé par drone le 30 juin a permis d’obtenir une biomasse moyenne de 4,5 tonnes de matière sèche par hectare. À titre de comparaison, le semis direct effectué le 5 août a donné 3,2 tonnes par hectare, et le semis simplifié du 25 août a produit 2,1 tonnes par hectare. Ces résultats restent spécifiques aux conditions de l’expérience et soulignent davantage l’importance du calendrier que l’utilisation des drones en elle-même. Terres Inovia recommande de planter les cultures intermédiaires tôt, en particulier dans les zones où les nutriments du sol sont facilement perdus, afin qu’elles soient bien établies avant les périodes de drainage. Une étude de Semae évalue les bénéfices économiques des cultures intermédiaires, incluant jusqu’à 105 euros par hectare pour l’azote restitué au sol, 128 euros par hectare et par an pour le carbone stocké, et 960 euros par hectare pour la préservation des rendements grâce à la réduction du tassement du sol. Cependant, le coût du semis aérien avant récolte est estimé entre 10 et 12 euros par hectare, tandis que le semis par drone varie de 30 à 45 euros par hectare, sans compter le prix des graines. Le semis aérien dépend des précipitations, idéalement entre 20 et 25 millimètres, et convient mieux aux petites graines dont le PMG (poids de mille graines) est inférieur à 35 grammes. Les champs infestés de mauvaises herbes difficiles à contrôler ne sont pas forcément adaptés à cette méthode, car l’absence de préparation du sol limite la gestion des adventices. La présence de paille joue également un rôle dans la réussite du semis, avec des résultats moins favorables lorsque celle-ci est retirée. Si les drones offrent des avantages dans certaines situations, ils ne remplacent pas les semoirs traditionnels et restent limités par des facteurs comme l’état des parcelles ou le choix des espèces végétales.