Dans les Alpes, la fonte des glaciers révèle aux archéologues des trésors enfouis depuis des millénaires. Alors que les glaciers suisses ont perdu 20 % de leur volume en cinq ans, les chercheurs explorent les cols de montagne à la recherche d’objets anciens que la glace, en se retirant, fait peu à peu remonter à la surface. Les Alpes fondent à un rythme plus rapide que presque partout ailleurs sur la planète. À mesure que les glaciers reculent, ils livrent des secrets enfouis depuis des millénaires, comme un ski récemment découvert au col de la Barberine, dans le canton suisse du Valais. Cette planche de bois, longue de 91 centimètres, était coincée entre des rochers en bordure de la glace. Il y a trois ans, sur ce même col, qui culmine à 2 481 mètres d’altitude, l’archéologue Romain Andenmatten avait déjà exhumé une planche similaire. La datation au carbone 14 avait révélé que l’objet datait du Ve siècle avant notre ère. Son propriétaire traversait probablement les Alpes sur ce qui ressemblait à un ski lorsqu’il a perdu l’équilibre. Cette année, le chercheur aurait-il découvert la seconde moitié de la paire ?
Entre un hiver peu enneigé et un été marqué par des vagues de chaleur extrêmes, l’année en cours a été particulièrement dévastatrice pour les glaciers suisses. Ceux-ci ont perdu 20 % de leur volume au cours des cinq dernières années. À ce rythme du réchauffement climatique, 97 % des géants blancs des Alpes pourraient disparaître d’ici à 2100. Une prédiction particulièrement alarmante pour les dizaines de millions d’Européens pour qui la glace constitue une réserve d’eau vitale pendant les années de sécheresse. La fonte des glaciers a cependant un effet inattendu : elle offre des surprises aux archéologues, qui mettent au jour un trésor toujours plus riche d’outils, de vêtements et de restes humains. La glace préserve les matériaux organiques – cuir, bois, textiles, os – qui livrent des indices sur l’activité humaine dans les Alpes au cours des derniers millénaires.
Découvrir des chaussures en cuir ayant protégé des pieds ou des paniers en écorce de tilleul transportés dans les montagnes est « tout simplement extraordinaire », selon Regula Gubler, archéologue pour le canton de Berne. Des trouvailles qui ne sont pas anecdotiques. Au sommet des montagnes, les objets sont nombreux. Un fragment de bol en bois datant du Ve millénaire avant notre ère, un carquois en écorce de bouleau contenant deux pointes de flèches en silex datant d’environ 2 800 ans avant notre ère, une statue de 60 centimètres sculptée dans du mélèze : ces découvertes remettent en cause les théories sur la présence de sociétés anciennes aux plus hauts sommets. Loin d’être des zones désertes, les cols gelés étaient apparemment fréquentés par des chasseurs, des bergers ou des marchands qui transportaient des barils de vin sur le dos de mulets.
Pourtant, les archéologues doivent travailler dans l’urgence : les matériaux organiques dégelés se décomposent rapidement. À cela s’ajoute la présence de pilleurs de trésors qui récupèrent les vestiges précieux sans autorisation, une combinaison explosive. La police du canton du Valais a même saisi une collection de 11 000 objets (principalement des pièces de monnaie, des outils et des éléments de décoration) auprès d’un amateur de détection de métaux. Les glaciers suisses ont perdu 20 % de leur volume en cinq ans, un record pour les glaciologues. Romain Andenmatten a récemment décidé de retourner au col du Restipass, à 2 626 mètres dans les Alpes valaisannes. Après avoir emprunté des routes sinueuses et marché pendant deux heures, il a eu un choc : au sommet, la glace avait presque entièrement disparu. Deux ans plus tôt, une couverture neigeuse recouvrait la pente. « Auparavant, le changement climatique pouvait s’étaler sur plusieurs générations, voire une vie entière », observe-t-il. « Aujourd’hui, nous le vivons presque au quotidien. » L’expédition n’a pas été vaine : l’archéologue a découvert deux morceaux de bois aux bords lisses et carrés, qui pourraient provenir d’un outil ancien. Pour tenter de déterminer où pourraient émerger les prochains vestiges, les archéologues collaborent avec des spécialistes de l’environnement. Un objet religieux trouvé au sommet d’une montagne pourrait, par exemple, permettre d’en savoir plus sur les premiers peuples ayant traversé les Alpes et leurs croyances, notent les spécialistes. Mais pour l’heure, il faudra se contenter d’un ski.
La fonte des Alpes révèle des artefacts anciens dans un contexte de préoccupations climatiques
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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Sources d'origine :
- 🇫🇷Slate.fr



