Chemsex désigne l’usage délibéré de substances psychoactives pendant les rapports sexuels, dans le but d’en intensifier le plaisir, de prolonger les rencontres ou d’améliorer les performances. Cette pratique implique des drogues spécifiques et se caractérise souvent par des sessions sexuelles prolongées. Selon Houssem Eddine Bouasla, pharmacien à Grenoble et co-auteur d’une étude de 2026 sur le sujet, le chemsex se distingue de la consommation générale de drogues par son ancrage dans l’expérience sexuelle. Catherine Delorme, présidente de la Fédération Addiction, le décrit comme impliquant « de véritables marathons sexuels » avec des substances particulières.
Le grand public a pris conscience du chemsex en 2023 à travers l’affaire Pierre Palmade, mais cette pratique existe depuis plus longtemps, notamment au sein des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Ce groupe est plus large que la communauté LGBT, car il inclut des hommes pouvant s’identifier comme hétérosexuels mais ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Julien Martinez, infirmier en pratique avancée, souligne que le chemsex ne se limite pas à un groupe social ou géographique précis. Un rapport de 2022 estimait que 20 % des HSH en France étaient concernés, et une mise à jour de 2026 a confirmé une prévalence similaire de 22 %, bien que les données précises restent difficiles à obtenir en raison du caractère clandestin de cette pratique.
Des experts comme Houssem Eddine Bouasla estiment que le chemsex est lié au stigma social, à l’homophobie et au harcèlement subis par les minorités sexuelles et de genre, ce qui peut pousser à rechercher du plaisir et du lien. Jean-Patrick Fabre, ancien usager et fondateur de l’association Chems Pause, décrit le chemsex comme un moyen d’échapper à un « profond malaise ». Catherine Delorme reconnaît que, si certaines personnes peuvent y trouver du plaisir, beaucoup ressentent de la honte et intériorisent le stigma social, estimant ne pas être tout à fait respectables.
Les substances utilisées dans le chemsex incluent les cathinones de synthèse, le GHB et le GBL, la méthamphétamine, la kétamine et la cocaïne, chacune présentant des risques sanitaires importants comme des problèmes cardiaques, des coups de chaleur ou des overdoses. Pourtant, les pharmaciens sont souvent mal formés pour aborder ce sujet. Une étude de 2025 a révélé que, si 80 % des pharmaciens avaient entendu parler du chemsex, beaucoup manquaient de connaissances ou d’outils pour aider les patients. Les experts recommandent d’aborder les patients avec ouverture et bienveillance, en particulier ceux sous traitement de prévention du VIH ou en quête de ressources de réduction des risques.
Le ministère de la Santé a pris des mesures pour s’attaquer au problème, notamment avec une feuille de route 2026-2030 incluant des initiatives spécifiques sur le chemsex. Cependant, des défis persistent, comme la séparation entre les soins liés aux addictions et ceux dédiés à la santé sexuelle. Des militants plaident pour la dépénalisation de l’usage de drogues afin de réduire le stigma et d’encourager les personnes à demander de l’aide. Des ressources comme des lignes d’écoute et des centres spécialisés sont disponibles pour les personnes concernées.
Lire Le phénomène chemsex, Brahim Bouselmi, Emmanuel Cannou, éd. Les petits matins, septembre 2026.
Chemsex : une préoccupation croissante de santé publique en France
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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