Airbus observe la montée en puissance de Comac

Airbus suit de près les progrès de Comac, entreprise chinoise qui développe le C919, un avion commercial conçu pour concurrencer l'A320 d'Airbus et le 737 Max de Boeing. Lars Wagner, directeur de l'aviation commerciale chez Airbus, affirme que la concurrence chinoise fait l'objet de discussions presque chaque semaine au sein de l'entreprise.

Airbus reste confiant

Selon Lars Wagner, s'il ne s'inquiète pas « extrêmement » de la montée en puissance de Comac, Airbus surveille la situation et entend conserver sa position de leader du marché. Le secteur aérien mondial devrait connaître une forte croissance, le nombre d'avions devant atteindre 42 000 d'ici 2045.

Comac fait face à des défis de production

Malgré le potentiel de croissance du marché, Comac peine toujours à augmenter la cadence de production du C919. Seuls 11 appareils ont été livrés cette année, alors que l'avion a été lancé commercialement en 2023. Par ailleurs, le C919 n'est pas encore certifié pour une utilisation en Amérique ou en Europe.

Dépendance aux composants occidentaux

Le C919 dépend encore de nombreuses pièces fabriquées en Occident, notamment des moteurs de CFM, une coentreprise de Safran et de GE. Les récentes restrictions à l'exportation imposées par les États-Unis sur les composants aérospatiaux vers la Chine pourraient compliquer davantage les activités de Comac, bien que l'impact réel sur les exportations de moteurs en partie produits par l'américain GE Aerospace reste incertain.

L'exécution stratégique de la Chine

La Chine travaille activement à réduire sa dépendance aux composants occidentaux, selon Airbus. Lars Wagner souligne que la Chine a une solide expérience de la mise en œuvre de ses plans stratégiques une fois ceux-ci définis. Les compagnies aériennes observent également l'émergence d'un nouvel acteur majeur dans la production d'avions commerciaux, car elles s'inquiètent depuis longtemps des retards liés au duopole actuel Airbus-Boeing.

Airbus mise sur les services

Airbus entend conserver son leadership sur le marché des avions commerciaux tout en développant son activité de services. L'entreprise prévoit que ses services, incluant la maintenance, la formation des équipages et les solutions numériques, progresseront de plus du double pour atteindre 420 milliards de dollars d'ici 2045, avec un taux de croissance annuel moyen de 3,8 %.

Les services, principal poste de dépenses

Les opérations de maintenance et de réparation représenteront la dépense la plus importante, atteignant 217 milliards de dollars d'ici 2045. Les services qui aident les compagnies aériennes à organiser et à réaliser les réparations s'élèveront à 104 milliards de dollars, tandis que les services numériques et de connectivité devraient croître le plus rapidement, pour atteindre 27 milliards de dollars d'ici 2045, avec un taux de croissance annuel moyen de 5,3 %.

Détail des coûts des services

Les interventions de maintenance directe sur les avions coûteront 36 milliards de dollars, tandis que les modifications et modernisations des appareils représenteront 21 milliards de dollars. La formation s'élèvera à 17 milliards de dollars. Airbus fait par ailleurs évoluer sa stratégie : l'entreprise ne se considère plus seulement comme un fabricant de produits, mais comme un acteur qui fournit à la fois des produits et des services tout au long du cycle de vie de l'avion.