Il y a soixante-sept ans, en 1959, une alpiniste française du nom de Claude Kogan s’élançait dans une expédition ambitieuse et inédite vers le Cho Oyu, l’une des plus hautes montagnes du monde. À une époque où les expéditions himalayennes étaient largement dominées par les hommes, Kogan affichait la ferme intention de diriger la première tentative entièrement féminine pour gravir un sommet de plus de 8 000 mètres. Cette entreprise audacieuse visait à démontrer que de tels exploits pouvaient être accomplis sans la participation masculine, défiant ainsi les normes en vigueur à l’époque.
Claude Kogan, alors âgée de quarante ans, avait déjà à son actif un palmarès alpin impressionnant. En 1952, elle avait gravi le Salcantay, dans les Andes péruviennes, et en 1953, elle avait atteint le Nun Kun (7 135 mètres) en compagnie du grimpeur suisse Pierre Vittoz. Son entrée dans le monde de l’alpinisme remontait à 1954, lorsqu’elle s’était jointe au Suisse Raymond Lambert pour une tentative d’ascension de l’Everest, un an seulement avant que Edmund Hillary et Tenzing Norgay ne réussissent la première ascension officielle. Bien que ce soient les Autrichiens Herbert Tichy et son équipe qui aient finalement été les premiers à atteindre le sommet du Cho Oyu, l’ascension de Kogan jusqu’à un point élevé de la montagne lui avait valu le surnom de « la femme la plus haute du monde ».
Malgré ses exploits, le projet de Kogan de diriger une expédition entièrement féminine vers le Cho Oyu suscitait scepticisme et résistance. Le responsable français de l’alpinisme, Lucien Devies, avait déclaré que si l’équipe réussissait, cela confirmerait sa conviction que le Cho Oyu était une « montagne à vaches », c’est-à-dire plus facile à gravir que d’autres. La Fédération française de la montagne n’était pas encline à la soutenir, et Kogan dut se battre pour obtenir des financements et des appuis. Les sponsors exigeaient des résultats, et la pression était immense. Son équipe comptait douze femmes, dont Jeanne Franco, épouse d’un alpiniste français, et Loulou Boulaz, une grimpeuse suisse réputée pour ses propres performances en haute altitude. Malgré les difficultés d’acclimatation et de maladie, le groupe atteignit le camp 4, à 7 100 mètres, le 1er octobre 1959.
Le 3 octobre, une épaisse couche de neige recouvrait la montagne lorsqu’une avalanche se déclencha. Kogan, Claudine Van der Straten et leur sherpa Ang Norbu ne furent plus jamais revus. Leur disparition reste un mystère, certains évoquant l’hypoxie et l’épuisement comme causes possibles. Dans les années qui suivirent, il fallut attendre 1974 pour que des femmes atteignent enfin le sommet d’un pic de plus de 8 000 mètres, lors d’une expédition japonaise sur le Manaslu. Si cet exploit fut salué, beaucoup reconnaissent que les efforts pionniers de Kogan sur le Cho Oyu avaient déjà ouvert la voie aux générations futures d’alpinistes.
Un alpiniste français disparaît sur le Cho Oyu lors de l'expédition de 1959
Contenu réécrit par une IA à partir de sources de presseComment ça marche
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