Un sénateur critique un budget de l'éducation manquant d'ambition

Le sénateur Olivier Paccaud, rapporteur de la mission Enseignement scolaire du budget, a estimé que le projet de budget ne témoigne pas d'une ambition suffisante pour traiter les questions d'effectifs. Il considère que la baisse du nombre d'élèves devrait servir à financer d'autres priorités, comme les salaires des enseignants, et entend défendre une meilleure rémunération pour les enseignants en milieu de carrière.

La commission des finances reporte sa décision budgétaire

La commission des finances n'a pas encore tranché sur les crédits de l'enseignement scolaire, dans l'attente de précisions de la ministre de l'Éducation nationale et du ministre de l'Enseignement supérieur. Un représentant du gouvernement a indiqué à la commission que la création de nouveaux postes d'enseignants coûterait environ 300 millions d'euros, mais on ignore si ce montant sera financé par des crédits existants ou par une enveloppe plus importante.

Le budget de l'éducation prévoit une hausse importante de la masse salariale

Le budget de l'enseignement scolaire pour 2027 progresse de 1,2 milliard d'euros, principalement en raison de l'évolution de la masse salariale. Initialement, le projet de loi de finances prévoyait la suppression de 3 644 emplois d'enseignants, en partie à cause de l'évolution démographique des établissements. Toutefois, le gouvernement devrait revoir ce chiffre de manière significative en réponse aux mobilisations lycéennes et étudiantes.

Le second degré verra un solde d'emplois positif

Pour le second degré, le budget initial prévoyait près de 1 000 suppressions d'emplois, mais celles-ci se traduiront par 1 700 créations nettes. Ces postes visent à limiter les effectifs à 28 élèves dans les classes de seconde et à recruter davantage d'enseignants de lycée professionnel.

Un sénateur qualifie le changement budgétaire de profond

Olivier Paccaud a décrit ce changement dans le budget de l'éducation comme un « énorme changement de philosophie ». Il a affirmé que ces recrutements auraient un impact considérable sur le système éducatif. Il a toutefois exprimé des réserves sur la manière de gérer la baisse des effectifs, soulignant les mauvais résultats de la France aux évaluations PISA comme preuve que la seule augmentation des moyens ne suffit pas à améliorer les résultats.

Un rapport prévoit une forte baisse des effectifs scolaires

Un rapport examiné par la commission des finances indique qu'à l'horizon 2035, le système scolaire aura perdu 1,5 million d'élèves, soit une baisse de 13 %. Cette évolution s'explique par les tendances démographiques du pays. Pour l'année scolaire 2026, les effectifs ont diminué de 161 000 élèves, et cette baisse devrait atteindre 180 000 en 2027, soit 2 %.

Un sénateur note que les classes vont se réduire

Olivier Paccaud a relevé que le nombre d'élèves par classe va diminuer dans les années à venir. La France se situe légèrement au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE sur ce point, mais il a averti que le recul démographique placera bientôt la France au niveau, voire au-dessous, des autres pays dans ce domaine.

Un sénateur juge le budget insuffisamment ambitieux en matière d'emplois

Avant même que le gouvernement ne fasse connaître sa position, Olivier Paccaud a jugé que le projet de loi de finances manquait d'ambition en matière d'emplois. Il estime que le projet de budget ne permet pas de réaliser les économies nécessaires à l'amélioration de la situation financière de l'État. Il considère toutefois que le recul démographique offre une occasion de financer des priorités éducatives, comme l'augmentation du nombre de remplaçants.

Un rapport met en lumière les difficultés de recrutement des enseignants

Le rapport souligne que le métier d'enseignant n'est pas très attractif et que les difficultés de recrutement persistent malgré les récentes réformes de la formation des enseignants. Un récent rapport de l'OCDE indique que la France figure parmi les pays où la progression salariale des enseignants au cours des quinze premières années de carrière est la plus faible.

Un sénateur insiste sur la nécessité de revaloriser les salaires des enseignants

Olivier Paccaud a insisté sur l'importance de revaloriser les salaires des enseignants, qu'il qualifie de priorité. Il prévoit de déposer des amendements visant à accélérer le passage des enseignants vers les échelons de rémunération supérieurs. Un décret destiné à résoudre les problèmes de rémunération en milieu de carrière était presque finalisé en 2025, mais il a été suspendu par la décision du gouvernement de geler les salaires des fonctionnaires.

Le coût estimé des revalorisations salariales est maîtrisable

Le coût d'une revalorisation des salaires des enseignants serait relativement faible, estimé à 22 millions d'euros la première année, puis à 106 millions d'euros au total d'ici 2030. Olivier Paccaud suggère de recourir aux crédits du Pacte enseignant, qui prévoit une rémunération supplémentaire pour les enseignants volontaires, pour financer cette réforme.

Un sénateur prévoit de réduire les financements de deux organismes liés à l'éducation

Olivier Paccaud envisage également de proposer une diminution des crédits de deux organismes rattachés au ministère de l'Éducation nationale. Il souhaite réduire de trois millions d'euros supplémentaires le budget de l'Onisep, estimant que ses missions font double emploi avec celles des collectivités territoriales. Il vise aussi une économie de 10 millions d'euros sur le réseau Canopé, dont les attributions chevauchent celles d'autres institutions comme les INSPÉ ou l'EAFC.