Sadd el-Kafara, un ancien barrage en terre construit vers 2600 av. J.-C. dans le Wadi Garawi, à environ 40 kilomètres au sud-est du Caire près de la ville de Helwan, est reconnu comme le plus ancien grand barrage connu au monde. Construit à partir de 60 000 tonnes de terre et de roches, le barrage mesurait 113 mètres de long et 14 mètres de large, reposant sur une base de 98 mètres pour une crête atteignant 56 mètres. Il avait pour but de contenir les crues soudaines et d'approvisionner en eau les ouvriers et les animaux impliqués dans l'extraction de pierres et de marbre pour les pyramides et temples voisins. Cependant, il s'est effondré peu après son achèvement en raison de l'absence d'un déversoir et d'un canal de dérivation, et n'a jamais retenu d'eau.
Les dimensions du barrage étaient impressionnantes, avec une capacité de stockage estimée entre 465 000 et 625 000 mètres cubes d'eau. Malgré sa taille imposante, aucune trace de terres cultivées n'a été découverte à proximité du site, ce qui suggère que le barrage n'était pas utilisé pour l'irrigation agricole, mais plutôt pour protéger des zones d'habitation probablement situées à l'embouchure du wadi, là où il rejoint la vallée du Nil. Le parement amont du barrage était presque achevé, tandis que le parement aval restait largement inachevé. Sa crête en pente n'avait pas été aplanie ni protégée contre les débordements, rendant la structure totalement vulnérable face à une montée soudaine des eaux.
L'effondrement de Sadd el-Kafara a probablement provoqué une inondation catastrophique dans la vallée en aval. L'échec du barrage semble avoir découragé les bâtisseurs égyptiens de se lancer dans des projets similaires pendant près de huit siècles. Les extrémités restantes du barrage sont séparées par un écart central de 50 à 60 mètres creusé par les eaux il y a des millénaires. Malgré cette brèche, les côtés restants sont décrits comme étant en excellent état, un témoignage frappant de la robustesse initiale de la construction, même si elle n'a jamais pu remplir son rôle.
Sadd el-Kafara a été redécouvert en 1885 par l'archéologue allemand Georg Schweinfurth, il y a moins de 140 ans. La structure est restée silencieuse pendant près de 3 700 ans, soulignant l'oubli dans lequel cet ouvrage était tombé malgré son ambition initiale extraordinaire. L'échec de Sadd el-Kafara est reconnu comme un événement majeur dans l'histoire technique de l'Égypte ancienne, démontrant que même les civilisations les plus avancées de leur époque peuvent trébucher sur des détails apparemment mineurs. Un barrage sans déversoir, aussi massif soit-il, reste vulnérable aux caprices de la nature.
Un défaut technique du barrage égyptien antique a provoqué son effondrement et un long silence
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